samedi 16 décembre 2017

Accueil du site > Intelligence économique > L’espionnage économique fait des ravages ...

L’espionnage économique fait des ravages ...

Tunis Hebdo

mercredi 28 décembre 2005, sélectionné par Spyworld

logo

L’espionnage économique est assimilé à un délit grave, voire à un crime au plein sens du terme. Cette pratique est aujourd’hui largement répandue dans le monde. Son usage, qui s’effectue à grande échelle, fausse le commerce international et provoque des pertes considérables pour les entreprises copiées. Bien que la contrefaçon soit formellement interdite par le règlement et les lois de l’OMC, elle est souvent admise, voire encouragée secrètement par certains pays qui font de cette pratique une activité essentielle de leurs productions. Selon une étude récente effectuée par l’OMC, le commerce de produits copiés génère désormais la coquette somme de 450 milliards de dollars par an. Soit 5% à 7% du Commerce international. A elle seule, par exemple, la France perd chaque année quelque 6 milliards d’euros, l’équivalent de 38 mille emplois. Pour contrefaire un produit, les copieurs engagent souvent des « suppôts » sur place, c’est-à-dire des employés dans les entreprises spécialisées dans la fabrication de ce produit. D’après l’enquête de l’OMC, la fraude est « d’origine interne » dans 50% des cas. Mieux, sur ces crimes et délits commis par des salariés, 20% sont le fait des top ménagers de l’entreprise. Dans près de 7 cas sur 10, ils déclarent simplement avoir cédé à la tentation en l’absence de contrôles internes efficaces et souvent pour financer leur train de vie. Résultat : ils sont à l’origine de 70% du montant des fraudes. Celles-ci s’effectuent souvent de plusieurs façons et revêtent différentes formes : détournements d’actifs, usage de faux, contrefaçon proprement dite, blanchiment, délit d’initiés etc. Ces pratiques, affirme l’étude, ont presque doublé depuis 2001. Les pays les plus pourfendus par l’Organisation mondiale du commerce sont les pays asiatiques, notamment la Chine. Cette dernière détient la part du lion dans la commercialisation du faux. Shanghaï, en particulier, est surnommé aujourd’hui le « temple de la contrefaçon ». Les produits copiés dans cette immense ville de près de 27 millions d’habitants, sont les articles de luxe. On y trouve les marques les plus prestigieuses de fabricants occidentaux à des prix parfois excessivement « démocratiques » : des sacs Vuitton, des polos Lacoste, des montres Rolex etc. etc, dont les coûts font rêver touristes et chinois. D’ailleurs, cinq grands fabricants occidentaux, à savoir Chanel, Vuitton, Prada, Burberry et Gucci ont récemment déposé plainte contre la société gérant le « Marché de La Soie » qui commercialise ces articles. L’espionnage économique a pris une telle ampleur que la majorité des pays occidentaux s’échinent à trouver un moyen efficace pour se prémunir contre ce fléau ; En France, pays largement éprouvé par ces pratiques frauduleuses, la Direction Centrale des renseignements généraux (DCRG) a mis récemment en alerte ses « antennes » sur l’ensemble de l’Hexagone. Il s’agit d’une structure de surveillance qui rappelle la fameuse DST (Direction de la surveillance du territoire). Son rôle est de détecter toute menace visant les grosses entreprises, mais aussi les PME, ces dernières paraissant les plus vulnérables. De source française officielle, on affirme que de nombreux secteurs sont déjà « touchés » : la métallurgie, l’agroalimentaire, l’informatique, la chimie-plasturgie et le nucléaire.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :