jeudi 19 octobre 2017

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Défense canadienne : Des pistes pour l’OTAN du 21e siècle

Radio-Canada.ca

jeudi 25 mars 2010, sélectionné par Spyworld

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Le temps est venu de modifier en profondeur le fonctionnement l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), afin de la transformer en une organisation du 21e siècle dotée de la vision et des moyens de protéger et de faire avancer les intérêts des États démocratiques en matière de sécurité.

Telle est la conclusion d’un rapport rédigé par 26 experts canadiens dans les domaines de la défense et de la diplomatie qui sera officiellement dévoilé mercredi matin, à Ottawa, et dont Le Devoir a obtenu copie.

Le rapport, intitulé La sécurité dans un monde d’incertitude. Un point de vue canadien sur le nouveau concept stratégique de l’OTAN, s’inscrit dans le cadre du processus de réflexion sur les orientations et le fonctionnement de l’alliance militaire que pilote l’ancienne secrétaire d’État américaine Madeleine Albright.

Il vise à « examiner les obstacles actuels qui entravent l’OTAN dans l’accomplissement de sa mission de "sauvegarder la liberté, l’héritage commun et la civilisation" des États membres et [à] souligner quelles sont [...] les voies de recherche les plusimportantes dans l’élaboration du nouveau concept stratégique ».

« L’obligation de consensus dans la plupart des aspects de la gouvernance de l’OTAN est notoirement lourde et frustrante », affirment les auteurs « Or, quand la Guerre froide a pris fin, de façon un peu abrupte pour certains, l’OTAN, bien qu’en surface elle ait continué à fonctionner comme avant, a changé de point focal. Donc aujourd’hui, son coffre à outils ne s’aligne pas parfaitement à ses tâches ».

Le rapport s’inscrit clairement dans le contexte de la mission de l’OTAN en Afghanistan, la première à être menée à l’extérieur de l’Europe. Ce déploiement des forces alliées s’effectue difficilement : seuls quatre pays - les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et les Pays-Bas - se partagent la tâche de livrer combat aux insurgés. Leurs appels à des renforts des 24 autres pays membres de l’OTAN, cantonnés dans des secteurs essentiellement pacifiés du pays, sont restés lettre morte.

« Les Canadiens ont le sentiment qu’une OTAN renouvelée doit devenir plus pertinente aux intérêts du Canada et plus capable de réagir à la situation changeante en matière de sécurité. Nous éprouvons avec acuité le déséquilibre qui existe dans le partage du fardeau en Afghanistan », écrivent les auteurs.

« Pour permettre des interventions en temps plus opportun, il serait désespérément nécessaire de s’assurer d’un engagement préalable de ressources, dans certaines proportions convenues » poursuivent-ils. L’OTAN, selon eux, n’est pas en mesure aujourd’hui d’opposer « une intervention robuste aux menaces graves dont l’apparition ne tient qu’à un fil. »

« L’OTAN aura besoin d’inventer à la fois le cadre stratégique et les outils d’intervention rapide pour tuer ces menaces dans l’oeuf et pour servir les idéaux plus larges embrassés dans les mots claironnants du Traité de l’Atlantique Nord », conclut le rapport.

Le rapport souligne par ailleurs que l’OTAN, qui a accueilli en son sein plusieurs pays de l’ancien bloc de l’Est depuis la désintégration de l’Union soviétique, risque de devenir trop eurocentrique. « Il est important d’assurer la sécurité de la communauté euro-atlantique, mais l’Alliance a aussi besoin de liens tangibles avec quelques États ou groupements comparables à l’extérieur de l’Europe, et particulièrement dans le Pacifique où le Canada a des intérêts vitaux. »

Le rapport, auquel ont notamment participé un ancien ministre de la Défense et trois anciens chefs d’état-major des Forces canadiennes, est publié par la Conférence des associations de la défense, basée à Ottawa, et l’Institut canadien de la défense et des affaires étrangères de Calgary.


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