lundi 23 octobre 2017

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La Place Beauvau placée sous haute sécurité

Jean-Marc Leclerc, le Figaro

vendredi 26 mars 2010, sélectionné par Spyworld

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Selon un document officiel, le siège du ministère de l’Intérieur serait de plus en plus menacé.

Sécurité bien ordonnée commence par soi-même. À coups de caméras, de sas électroniques, de détecteurs de métaux, de procédures d’accès draconiennes, le ministère de l’Intérieur est en train de se transformer en véritable bunker. Il doit activer ce mois-ci sa « salle interministérielle de crise ». Parallèlement, une plaquette vient d’être distribuée à l’entrée même des locaux où réside Brice Hortefeux, pour informer le personnel sur ce nouvel arsenal sécuritaire. On y dépeint la résidence du « premier flic de France » comme un lieu hautement menacé qui doit recourir aux technologies les plus pointues pour se protéger. « Il est essentiel que chacun d’entre nous participe à cet effort de sécurité », écrivent le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, et le secrétaire général du ministère, Henri-Michel Comet, révélant, au passage, que « l’îlot Beauvau » vient d’être « désigné point d’importance vitale et fait l’objet d’un classement en zone protégée ». « Pénétrer sans autorisation dans le ministère est dorénavant un délit », préviennent-ils. Y compris pour les juges trop curieux qui, par le passé, ont perquisitionné le siège des RG et devront désormais obtenir une autorisation préalable…

En cette période où le chef de l’État déclare la guerre à l’organisation séparatiste basque ETA, le risque terroriste est bien sûr dans toutes les têtes. Mais il y a aussi les menaces plus ordinaires. « Vous n’imaginez pas à quel point la Place Beauvau est devenue une cible ou une tribune pour les fous, les haineux, les frustrés ! », assure un haut responsable policier. Parfois même, ces « illuminés » frappent directement aux grilles…

En février dernier, une femme s’est présentée au ministère. Munie d’un pistolet à impulsion électrique, elle a proféré des menaces de mort à l’encontre de Brice Hortefeux. Un mois à peine après l’agression contre le Pape à Rome, l’affaire ne pouvait être prise à la légère. L’interpellation fut immédiate et se solda par ce que la police appelle un « I3P ». En clair : un placement d’office en maison psychiatrique.

« Courriers menaçants »

« Le plus souvent, confie un officier de police, les menaces sont proférées directement contre Nicolas Sarkozy. Comme si certains avaient oublié que le président est désormais installé de l’autre côté de la rue, à l’Élysée. »

Sur l’année écoulée, « une dizaine de courriers et de colis suspects » ont été « identifiés » par le service de sécurité du ministère de l’Intérieur (SSMI), révèle la plaquette d’information de la Place Beauvau. « C’est bien plus, au moins trente ! », estime, pour sa part, un agent. Le SSMI déclare, quoi qu’il en soit, qu’il a fallu enquêter sur une dizaine de « courriers menaçants ». Et pas seulement ceux de la fameuse « cellule 34 » qui alimenta l’an dernier le feuilleton des courriers aux personnalités, agrémentés de balles de divers calibres. « Parfois, les conseillers du ministre sont désignés nommément dans ces lettres », s’inquiète un enquêteur spécialisé. Les corbeaux menacent jusque sur les enveloppes, dessins suggestifs à l’appui.

L’Intérieur a dû appeler ses propres troupes à mieux respecter les consignes de sécurité sur le site de Beauvau, où travaillent 5000 personnes. « Certains locataires arboraient avec réticence le badge », déplore un agent du SSMI. Y compris dans la hiérarchie…


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