mercredi 18 octobre 2017

Accueil du site > Défense > International > Un navire militaire sud-coréen coule en mer Jaune

Un navire militaire sud-coréen coule en mer Jaune

Sébastien Falletti, le Figaro

dimanche 28 mars 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Une explosion d’origine encore indéterminée qui aurait fait plusieurs morts a provoquéle naufrage d’un bâtiment de guerre dans une zone disputée entre les deux Corées.

La tension est de nouveau à son comble sur les eaux troubles de la mer Jaune, disputées entre les deux Corées. Vendredi à 9h45, une mystérieuse explosion a envoyé par le fond un navire de la marine sud-coréenne de 1.400 tonnes, déclenchant en pleine nuit un brutal accès de fièvre dans la péninsule ­Coréenne. Là même où les marines du Sud et du Nord s’étaient affrontées en novembre dernier, l’hypothèse d’une nouvelle provocation de Pyongyang a immédiatement semé un vent de panique, faisant craindre un dérapage militaire. Dans l’obscurité, la confusion s’installait et quelques minutes plus tard un navire sud-coréen, détectant des mouvements suspects, ouvrait le feu… sur un vol d’oiseaux.

À Séoul, le président sud-coréen, Lee Myung-bak, présidait une réunion d’urgence alors que les forces mili­taires sur la frontière étaient mises en alerte pour parer à toute provocation communiste. Première priorité, le sauvetage des 104 membres d’équipage dont seulement 58 avaient pu être récupérés au milieu de la nuit. « Trouver l’origine de l’incident est important, mais sauver nos soldats l’est encore plus », a expliqué le président, qui tentait de temporiser pour éviter une escalade avec le Nord.

Pendant ce temps, Pyongyang restait silencieux. Dans la nuit, le mystère planait toujours sur l’origine de l’explosion qui a touché la poupe du navire qui patrouillait au large de l’île de Baegnyongdo, à quelques encablures de la Northern Limit Line, cette frontière maritime tracée par un général américain à la fin de la guerre de Corée et jamais acceptée par Pyongyang. Séoul a refusé de confirmer l’hypothèse d’une torpille nord-coréenne, qui est dans tous les esprits. « Pour l’heure, il n’est pas certain que l’incident soit lié à la Corée du Nord », a reconnu le Palais présidentiel, laissant la porte ouverte à un simple accident.

Mais le soupçon d’une provocation délibérée plane tant cette zone est devenue le principal théâtre de friction militaire entre les deux Corées, faisant plusieurs dizaines de morts depuis une première escarmouche en 1999. En juin 2002, six marins sud-coréens étaient tués alors qu’en novembre dernier c’est un navire communiste qui quittait les lieux en flammes. Une humiliation restée en travers de la gorge de la marine du Nord qui répliquait en janvier en tirant plusieurs tirs d’artillerie. Depuis, l’armée communiste s’était faite discrète. « Ce calme depuis quelques semaines est inquiétant », confiait un haut fonctionnaire du Sud, juste avant l’incident.

Des relations dans l’impasse

Car le drame survient alors que les relations intercoréennes sont dans l’impasse. Depuis son arrivée au pouvoir en 2008, Lee Myung-bak, partisan d’une ligne dure, a tourné le dos à la politique de la main tendue de ses prédécesseurs. Il a refusé de répondre aux appels du pied de Kim Jong-il, qui a tenté ces derniers mois de sortir de son isolement diplomatique en proposant un rapprochement avec Séoul, espérant décocher une aide économique. Ces dernières semaines, la Corée du Sud est restée sourde aux appels en faveur d’une relance des projets de coopération industrielle et touristique dans le parc de Kaesong et sur le mont Kumgang.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :