jeudi 14 décembre 2017

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La Loubianka, un symbole

Stéphane Bussard, Letemps.ch

mardi 30 mars 2010, sélectionné par Spyworld

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Siège des services secrets. Dans la psyché russe, le vocable Loubianka réveille des souvenirs douloureux que l’écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne a en partie décrits dans L’Archipel du Goulag. La place Loubianka, au cœur de Moscou, abrite depuis la révolution d’Octobre le quartier général des services de renseignement soviétiques (Tchéka, Guépéou, NKVD, KGB), puis russes (FSB). La grande bâtisse qui domine la place fut construite à la fin du XIXe siècle par l’architecte russe Alexandre V. Ivanov et était occupée par une compagnie d’assurances du tsar avant que Félix Dzerjinski ne mette la main sur l’édifice pour abriter la Tchéka, la police politique du nouvel Etat bolchevique qu’il fonda et dirigea. La « Loubianka », comme l’appellent familièrement les Russes, est aussi une prison, et synonyme des heures noires de la répression politique. En raison des purges orchestrées par Staline, le bâtiment était trop exigu et Alexeï Chtchoussev en dessina l’élargissement et construisit plusieurs annexes. La place fut nommée Loubianka en souvenir de l’immigration, au XVe siècle, de nombreux habitants de Novgorod, située dans le district Loubianitsi. Staline lui conféra pendant des années le nom de « place Dzerjinski ». En 1998, quand Vladimir Poutine dirigeait encore le FSB, il fit construire pour les collaborateurs du renseignement une chapelle de l’Eglise orthodoxe russe proche de l’édifice. Publicité

Musée. A partir de 1984, le pouvoir russe a voulu améliorer son image en mettant sur pied un musée du KGB dans une annexe derrière la Loubianka. Après la chute de l’Union soviétique, les services de renseignement ont même permis aux touristes d’accéder au bâtiment principal et y ont installé le nouveau musée du KGB. A l’entrée de l’édifice, bien que ce soit désormais le FSB qui occupe les lieux, on peut toujours lire : « Gloire aux tchékistes, soldats de la révolution ». Jusqu’en 1991 trônait par ailleurs sur la place Loubianka une grande statue de Félix Dzerjinski. Elle fut déboulonnée en 1991 après le coup d’Etat manqué contre Mikhaïl Gorbatchev. En souvenir des victimes du goulag, l’ONG russe Memorial y a érigé une pierre provenant des îles Solovetski.


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