mardi 17 octobre 2017

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EADS prêt à faire des acquisitions dans le secteur de la défense

Tim Hepher, Reuters

mercredi 31 mars 2010, sélectionné par Spyworld

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EADS est prêt à se lancer dans une série d’acquisitions de petite taille à l’étranger dans le domaine de la défense pour faire face à des réductions des dépenses militaires en Europe, déclare le plus haut responsable de la branche de défense du groupe.

A l’occasion de la revue annuelle de la division Défense et Sécurité d’EADS, qui pèse quelque cinq milliards d’euros de chiffre d’affaires, Stefan Zoller a précisé que le groupe avait suffisamment de trésorerie pour se développer à l’international malgré le poids de l’A400M.

"La croissance européenne est terminée. Toute nouvelle croissance sera une croissance à l’échelle mondiale", a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

La France, l’Allemagne et l’Espagne, dont les principales entreprises aéronautiques ont été combinées pour créer EADS il y a dix ans, sont confrontées à des pressions budgétaires grandissantes.

La Grande-Bretagne, premier marché de la défense en Europe, subit de son côté à la fois une crise budgétaire et un passage en revue des dépenses militaires avant les prochaines élections législatives.

EADS a annoncé au début du mois que le total des provisions passés pour compenser les retards du projet d’avion de transport militaire A400M avait atteint 4,2 milliards d’euros, somme qui a entamé la trésorerie du groupe, qui était positive de 9,8 milliards d’euros à la fin de 2009.

Stefan Zoller, dont le projet d’acquisition d’une entreprise américaine pour un coût estimé à 1 milliard de dollars (740 millions d’euros) avait été annulé pour conserver des réserves de trésorerie pendant la crise financière, a déclaré qu’EADS pouvait maintenant se permettre de réaliser des acquisitions.

Il a toutefois ajoute qu’il n’y avait pas d’opérations spécifiques dans les tuyaux.

"Il y a suffisamment d’argent disponible pour nous permettre de faire ce que nous voulons faire", a-t-il expliqué. Il a cependant refusé de dire si le groupe s’intéressait à nouveau à des cibles éventuelles aux Etats-Unis. Il a précisé que l’Inde constituait une priorité.

Stefan Zoller a rappelé que la branche Défense et Sécurité d’EADS avait systématiquement dépassé ses objectifs et qu’elle entendait cette année améliorer sa marge de 2009 qui était de 8,4%.

Toutefois, les marges vont avoir tendance à "plafonner", après avoir atteint le niveau caractéristique du secteur, a-t-il dit, ajoutant qu’une marge de 10% était un plafond naturel en matière de profitabilité dans ce domaine d’activités.

RESTRICTIONS DES DÉPENSES MILITAIRES EUROPÉENNES

Stefan Zoller, qui tente actuellement d’obtenir le soutien des gouvernements européens pour le développement du drone de surveillance et de reconnaissance Talarion, a expliqué que la crise de l’A400M pouvait compromettre la capacité des puissances européennes à financer de nouveaux projets.

"Il est clair que les dépenses supplémentaires causeront une repriorisation des programmes dans chaque pays et je dois accepter le fait qu’aujourd’hui la propension des Etats à se lancer dans des grands projets de coopération internationale soit limitée", a-t-il expliqué.

Stefan Zoller a refusé de commenter une éventuelle offre d’Airbus pour le contrat des avions ravitailleurs américains, malgré les propos de Nicolas Sarkozy assurant aux Américains qu’EADS participerait à l’appel d’offre si celui-ci était ouvert et équitable, comme l’a promis Barack Obama.

Des deux côtés de l’Atlantique, des sources ont indiqué à Reuters la semaine dernière qu’EADS pourrait faire une offre seul, après le retrait de son partenaire Northrop Grumman, mais que la direction restait partagée et n’avait pas encore pris sa décision.

Quant au drone de moyenne altitude et de longue portée Talarion, il a été conçu par EADS pour répondre aux besoins de la France, de l’Allemagne et de l’Espagne. Ces trois pays doivent cependant encore émettre une commande qui pourrait rapporter à EADS 1,5 milliard d’euros pour le développement et 1,5 milliard d’euros supplémentaires pour la production.

EADS prend actuellement en charge les coûts de recherche de l’aéronef tout en incitant les Européens à prendre une décision d’ici l’été, mais Stefan Zoller a indiqué être enclin à continuer à investir des fonds dans le programme au-delà de cet été s’il recevait un signal positif de la part des acheteurs potentiels.

Vincent Chauvet pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten


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