dimanche 22 octobre 2017

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Avec les États-Unis, les discussions progressent sur l’achat par la France d’un drone armé

Jean Guisnel, Le Point.fr

mercredi 31 mars 2010, sélectionné par Spyworld

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Les industriels français et l’armée de l’air, qui ont raté la marche des drones, pour ne pas mettre en péril la "composante pilotée", veulent aujourd’hui trouver un successeur au système SIDM Harfang, que ses capacités limitées ne permettent d’intégrer totalement dans le dispositif allié en Afghanistan.

Pour la commande d’un successeur - non financée à ce stade - qui pourrait être passée dans les années 2015-2020, plusieurs candidats au programme MALE (Moyenne altitude, longue endurance) sont en lice. Premier d’entre eux, le SDM (Système de drone MALE) que proposent ensemble IAI (Israel Aircraft Industries), Dassault, Thales et Indra. Ce système est un drone israélien Heron TP modifié pour les besoins européens. Deuxième système proposé, le Talarion d’EADS. Mais les fonds manquent, et la société européenne demande actuellement aux États européens de s’engager plus activement. Troisième hypothèse : le Mantis de BAE . Il semble que les ministères français et britannique de la Défense souhaitent actuellement rapprocher Dassault de ce programme et que les deux gouvernements soient prêts à mettre quelques millions d’euros au pot pour faire avancer cette coopération. Chez Dassault, on est prudent : "Si le gouvernement nous dit que ce serait bien de coopérer, on verra", dit un cadre du groupe. En attendant, le programme SDM continue. Et à ce stade, aucun des trois projets européens ne prévoit d’emporter des armements.

Avantage à un projet franco-américain

Vu le délai de plus de cinq ans qu’il a fallu à EADS pour seulement adapter un drone israélien aux besoins spécifiques français, il y a de fortes chances que le successeur du Harfang ne soit pas prêt à temps. D’où les progrès d’un projet transatlantique que nos lecteurs connaissent depuis octobre dernier, l’achat sur étagère d’un drone américain . Comme nous l’évoquions, le constructeur américain du drone armé de missiles antichars RQ-9 Reaper, General Atomics, est entré en négociations avec EADS pour proposer ensemble le Reaper à la direction générale pour l’armement française. Les discussions techniques auraient récemment abouti entre les industriels, qui seraient proches d’une signature.

Techniquement donc, les Américains proposeraient de livrer à la France la dernière version du Reaper, celle que l’US Air Force doit recevoir à partir de 2012. Cette version plus moderne que celle achetée par les Britanniques et les Italiens est bien sûr armée, dotée d’un système d’atterrissage automatique, d’un dégivrage plus efficace et d’une station au sol à l’ergonomie améliorée. EADS installerait en France les équipements "souverains", à savoir le système de préparation et de gestion de mission du Harfang, ainsi que ses équipements de transmission par satellite. De quoi faire fonctionner l’engin donc, en se passant de l’encombrant appui logistique américain pour la charge utile la plus sensible. Washington facturerait à la France chaque "module" (composé de deux stations au sol et de quatre avions) entre 80 et 100 millions de dollars (entre 59 et 74 millions d’euros). Après "francisation" (intégration des équipements maison), EADS présenterait une note de 100 à 120 millions d’euros à l’armée de l’air. Chaque "oiseau" supplémentaire serait facturé 10 millions de dollars, devenant 10 millions d’euros après "francisation".


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