jeudi 19 octobre 2017

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La sécurité passe avant la défense

Yves Petignat, Letemps.ch

jeudi 1er avril 2010, sélectionné par Spyworld

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L’empoignade entre le ministre de la Défense et ses collègues du Conseil fédéral au sujet du rapport de politique de sécurité se poursuit. Ueli Maurer (ci-dessous) veut cantonner l’armée à une force de défense dans les frontières. La majorité du gouvernement veut maintenir la promotion de la paix à l’étranger.

La politique de sécurité englobe l’ensemble des moyens militaires, civils, économiques et diplomatiques d’un Etat pour protéger sa population et son intégrité territoriale ainsi que pour maintenir son indépendance en fonction de l’éventail des menaces. C’est au milieu des années 60 que la Suisse a commencé à penser sa sécurité dans une approche stratégique réunissant divers secteurs clés autour de l’armée. L’expression « politique de sécurité » apparaît pour la première fois dans le Rapport 73.

Le Rapport 73 contient deux volets : les relations extérieures et ce que l’on appelait encore la défense nationale. Sur le plan diplomatique, la Suisse doit « être active pour contribuer à l’élaboration et au maintien d’une paix durable » et, sur le plan intérieur, « elle doit prendre toutes les mesures de défense contre les opérations menaçant la sécurité de la Suisse ». Ce premier rapport stratégique préconise encore une très large autarcie de l’armée et une conception stricte de la défense.

La « politique de sécurité en mutation » imprègne le Rapport 1990, après la chute du Mur et l’écroulement des régimes communistes. Pour la première fois le gouvernement envisage différemment les principales menaces et évoque une Europe plus sûre par la coopération. Le rôle de l’armée est défini en trois piliers : 1) promouvoir la paix, 2) empêcher la guerre et assurer la défense du pays, 3) contribuer à la sauvegarde des moyens d’existence. En 1996 est lancée l’idée d’une participation au « Partenariat pour la paix » proposée par l’OTAN aux neutres et non-membres. Publicité

« La sécurité par la coopération » remplace « la sécurité par l’autonomie. Le Rapport 2000 fait suite aux travaux de la « Commission Brunner » qui a tenté d’évaluer les nouvelles menaces et, pour la première fois, lancé une vaste consultation à travers le pays. Le rapport débouchera sur la grande réforme « Armée XXI » qui sera mise en œuvre dès 2003 et est aujourd’hui rendue responsable par les conservateurs des pannes et problèmes. La notion de soutien aux efforts de paix et de maîtrise des conflits prend davantage d’importance.


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