mardi 24 octobre 2017

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Droit à l’oubli sur les services Web : Alex Türk, patron de la Cnil, est pessimiste

Christophe Auffray, ZDNet

jeudi 1er avril 2010, sélectionné par Spyworld

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15 à 20 ans, c’est le temps qu’il faudra selon le président de la CNIL, Alex Türk, pour que les Etats s’accordent sur des principes en termes de protection de la vie privée et les appliquent. Pour le sénateur Yves Détraigne, il manque une prise de conscience des internautes sur les risques.

A l’occasion de la conférence de clôture du 4ème Forum International sur la Cybercriminalité consacrée au droit à l’oubli sur le Web, le président de la CNIL s’est déclaré plutôt pessimiste. Pour Alex Türk, un accord entre les Etats sur la protection de la vie privée prendra du temps.

En novembre dernier, à Madrid, les représentants d’une quarantaine de pays se sont accordés sur des principes en matière de protection des données personnelles. La prochaine étape pour le sénateur et patron de la CNIL sera de convaincre les absents, c’est-à-dire notamment les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie.

Les internautes indifférents à la protection de la vie privée ?

Si un tel accord, qui paraît assez improbable, était trouvé, les autorités de contrôle devraient encore convaincre les pouvoirs publics de prendre des dispositions concrètes. « Si on démarre vite, dès demain, nous pouvons espérer aboutir d’ici 15 à 20 ans » a ironisé Alex Türk avant de s’alarmer.

« A cette échéance, le traçage des personnes sera totalement installé dans notre vie. Sur les réseaux, tout sera établi selon l’avis des grands acteurs. » Grands acteurs dont le président de la CNIL a par ailleurs dénoncé l’attitude, et en particulier celle de Google, dans leur refus de tenir compte du droit européen.

« Je voue une admiration sans borne à Google. Malgré leurs pratiques ils parviennent à se faire défendre par des utilisateurs qui dressent pour eux des barricades. » Mais Google n’est pas le seul acteur du Web à avoir été visé par Alex Türk au cours de cette conférence du FIC 2010. Ce fut également le cas de Mark Zuckerberg de Facebook.

« La déclaration de Mark Zuckerberg selon laquelle la norme en matière de vie privée avait changé et qu’il fallait composer avec m’a fait bondir. C’est aux technologies de s’adapter et non à nous de le faire » a tenu à rappeler Alex Türk.

L’utilitaire occulte la question de la sécurité

Yves Détraigne, sénateur de la Marne et co-auteur d’une proposition de loi (adoptée au sénat) sur la protection de la vie privée des internautes a lui aussi pris la parole lors de ce débat sur le droit à l’oubli numérique.

Le sénateur a notamment mis en garde les internautes, estimant que les applications en ligne étaient très majoritairement vues sous un angle uniquement utilitaire, mettant en parallèle l’absence de réaction de la population face à la généralisation annoncée de la vidéosurveillance.

« On a parfois l’impression de prêcher dans le désert » a ainsi regretté Yves Détraigne. Le sénateur n’est néanmoins pas encore totalement désabusé et compte sur sa proposition de loi votée au sénat (qui doit encore être adopté par les députés) pour jouer un rôle pédagogique auprès des internautes, en particulier les plus jeunes. Le sénateur mise notamment sur l’école pour intervenir dans la sensibilisation à la protection de la vie privée.


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