mardi 17 octobre 2017

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Le GIGN en pointe contre la criminalité organisée

Christophe Cornevin, le Figaro

vendredi 9 avril 2010, sélectionné par Spyworld

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S’entraînant aux prises d’otages massives, les supergendarmes interviennent aussi contre le terrorisme et le grand banditisme.

Sous la cagoule, le GIGN cultive l’excellence et dissimule une pluralité de visages. Sans conteste, le plus connu du public demeure celui du supergendarme qui raisonne les forcenés et intervient dans des circonstances extrêmes, libérant depuis sa création en 1974 plus de 600 otages et évacuant 700 ressortissants menacés à travers le monde.

Un « fleuron du dispositif de sécurité » a résumé jeudi le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, lors de l’inauguration du nouveau QG où sont désormais regroupés les 400 gendarmes d’élite, sur le camp militaire de Satory (Yvelines), près de Versailles. Au terme d’une inexorable montée en puissance, le GIGN peut « répondre à l’ensemble des scénarios d’attaques terroristes, comme les prises d’otages de masse », a considéré l’hôte de la Place Beauvau en rappelant notamment l’actualité des frappes simultanées ayant ensanglanté Bombay en novembre 2008.

Si l’unité s’entraîne à faire face aux schémas les plus dantesques, son quotidien a été émaillé l’année dernière d’environ 200 missions confidentielles, souvent liées à la lutte contre le terrorisme indépendantiste et le grand banditisme. Quarante gendarmes d’élite, dont quatre femmes, s’y consacrent en particulier. Membres de la très discrète Force d’observation/recherche (FOR), ils sont spécialisés dans la « police judiciaire de haut niveau ».

La moitié des 78 missions menées l’année dernière ont concerné de gros trafics de stupéfiants et l’interception d’une dizaine de « go-fast », ces convois acheminant de la drogue par centaines de kilos entre le Maroc et la France. Passés maîtres dans l’art du camouflage, ces « caméléons » sont hélitreuillés dans les endroits les plus reculés et désertiques. Puis se fondent des jours entiers dans le décor. Embarquant de l’électronique de haute volée, équipés de caméras à visée nocturne et de capteurs thermiques, ils espionnent leurs cibles - dans leur jargon, les « targets » - tapis derrière un buisson ou sous un feuillage sans bouger. Jusqu’à donner le « top » de l’intervention. « Quand nos “clients” sont trop méfiants, nous déposons à distance des téléobjectifs capables de voir à mille mètres, voire notre télescope terrestre, d’une portée de cinq kilomètres, confie un officier. Notre engagement est surtout rural : récemment encore, nous avons planqué autour d’un hangar perdu au milieu d’un champ de la Picardie. Il servait d’entrepôt à des trafiquants de drogue . » En février dernier, c’est toujours le GIGN qui avait enchaîné une dizaine de missions de surveillance avant la saisie record de 3,2 tonnes de cannabis vers Dreux.

« Intervenant aussi en appui aux sections de recherches travaillant sur le terrorisme, nos chuteurs opérationnels et experts en technique d’approche furtive peuvent être largués depuis une très haute altitude pour atterrir sans bruit dans les zones montagneuses du Pays basque ou en Corse, explique un membre de la FOR-GIGN. Nous pouvons aussi approcher nos cibles en progressant sous l’eau, grâce à un matériel respiratoire qui ne fait pas de bulles… »

Véritables as de la filature

Agissant aussi en civil, une poignée de supergendarmes d’un genre peu commun, portant les cheveux longs ou la barbe, sont de véritables as de la filature. Capables de modifier totalement leur physionomie au gré des missions, roulant volontiers dans des voitures maquillées, ces adeptes de la perruque ou du postiche sont aussi doués dans l’art du grimage. Selon nos informations, ils suivent même des cours de déguisement et d’improvisation dans un célèbre studio parisien de cinéma afin de ne jamais être pris au dépourvu si un importun les questionne lors de leurs infiltrations.

Plus secrètes encore sont les multiples poses de micros et de caméras que le GIGN effectue pour « sonoriser » les domiciles de suspects, dans le cadre de la loi Perben II contre les bandes organisées. « Grâce à du matériel ultraperfectionné, nous ouvrons sans trace tout type de serrure et pouvons évoluer sans déclencher la moindre alarme », lâche un technicien.

En 2009, l’unité a interpellé 38 malfaiteurs et huit forcenés, mené deux opérations de libération d’otages et apporté à 37 reprises son concours lors d’opérations de police judiciaire.


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