dimanche 22 octobre 2017

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Espions français. Comment entrer dans la légende

Hervé Chambonnière, Letelegramme.com

dimanche 11 avril 2010, sélectionné par Spyworld

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Que font les services français ? La DGSE, nos espions à l’étranger, n’utiliserait « aucune vraie identité de personne en vie ». C’est en tout cas ce qu’assure Pierre Siramy, qui a passé vingt-cinq années dans la « Boîte », l’un des surnoms de la DGSE. A contrario, le Service peut très bien utiliser, après enquête, l’identité d’une personne décédée. « On choisit des personnes sans descendant, et sans liens particuliers », explique l’ex-agent secret. Nombre de SDF ont peut-être ainsi eu une seconde existence...

Dans l’annuaire !

L’autre possibilité consiste à créer une fausse identité. Comment procéderait la DGSE ? Tout simplement en cherchant... dans un annuaire. « On prend un nom, on change le prénom. L’identité est fictive. Grâce aux numéros réservés à la DGSE, un vrai passeport est réalisé », nous explique Pierre Martinet, un ancien du service action de la DGSE, qui avait raconté dans un livre (« Un agent sort de l’ombre », Ed Privé), en 2005, comment il avait notamment pisté, à Londres, l’imam intégriste Abou-Hamza, en vue de son éventuelle élimination. Pour les missions les plus secrètes et « délicates », où personne ne doit pouvoir remonter jusqu’au Service, pas question d’utiliser ces passeports, traçables par les États (numéros connus d’Interpol).

« Faire vivre » son autre identité

Le nec plus ultra reste l’obtention d’un vrai passeport, qui sera sollicité auprès de l’administration, comme n’importe quel quidam. Mais en trichant. « Le Service nous fournit une carte d’identité. Avec elle, on va créer un personnage de toutes pièces », rapporte Pierre Martinet. Cela s’appelle « monter une légende ». « On ouvre un compte bancaire, on obtient un permis de conduire, un logement, des relevés EDF, un boulot. Et, au final, un passeport. » Sur le passé de ce personnage, chaque agent doit être « inattaquable ». « Si je prétendais être né, avoir vécu ou bossé à tel endroit, il me fallait connaître le coin, les figures, la culture... », écrit Pierre Martinet, dans son second livre. Cette légende, il faut ensuite la « faire vivre ». Ne pas oublier de passer de temps en temps au logement de son double, faire tourner l’électricité, se faire remarquer par les voisins... Et même suivre de vraies formations. « Ceux qui sont censés être garagistes vont suivre des stages dans un garage, les pâtissiers dans une pâtisserie... », précise-t-il. Le double de Pierre Martinet était censé vouloir monter une entreprise. « J’ai donc suivi un stage de création d’entreprise dans une chambre de commerce et d’industrie parisienne », explique-t-il. L’un de ses compagnons avait pris l’identité d’un oenologue. « Lui, ses stages, il les passait dans les châteaux du Bordelais à se rincer la bouche en cave... »


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1 Message

  • « Lui, ses stages, il les passait dans les châteaux du Bordelais à se rincer la bouche en cave... »
    Ca me fait penser au personnage d’Alex dans le film secret defense, qui sait si ...