mercredi 13 décembre 2017

Accueil du site > Défense > International > Washington "inquiet" de la possible livraison de Scud syriens au (...)

Washington "inquiet" de la possible livraison de Scud syriens au Hezbollah

Corine Lesnes, le Monde

jeudi 15 avril 2010, sélectionné par Spyworld

Les officiels américains ont réagi avec une promptitude marquée. Alors que le transfert de missiles syriens Scud à longue portée vers la milice libanaise du Hezbollah n’a pas été formellement établi, la Maison Blanche a fait part, mercredi 14 avril, de son "inquiétude" devant une situation qualifiée par la presse de "susceptible de changer la donne" au Proche-Orient.

"Nous sommes de plus en plus inquiets au sujet des armements sophistiqués qui seraient transférés. Nous avons exprimé nos inquiétudes à ces gouvernements [Beyrouth et Damas] et estimons qu’il faut prendre des mesures pour réduire les risques et les dangers", a déclaré, mercredi, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs.

L’accusation a été portée par le président israélien, Shimon Pérès. Avant son départ pour une visite en France, celui-ci avait mis en cause les autorités de Damas dans une interview à la radio publique. La Syrie affirme "qu’elle veut la paix, alors qu’elle fournit au même moment des Scud au Hezbollah, dont la seule raison d’être est de menacer l’Etat d’Israël", avait déclaré M. Pérès.

"MENACE ÉVIDENTE"

Washington n’a pas confirmé si les livraisons avaient déjà été effectuées ou étaient seulement en projet. "Notre inquiétude a été suffisante pour que nous ayons parlé de cette question avec l’ambassadeur syrien à Washington lors de l’une de nos réunions régulières", a certifié, mercredi, le porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley, ajoutant que l’accumulation des armements représente "une menace évidente pour la sécurité du Liban".

Les Scud ont une portée de plusieurs centaines de kilomètres. Tirés du Liban, ils pourraient atteindre Tel-Aviv ou des cibles en Irak ou en Méditerranée. Israël dispose d’un système de défense antimissile Arrow prévu pour intercepter ce type de fusée mais il n’est pas encore opérationnel.

Le démocrate John Kerry, président de la commission des affaires étrangères du Sénat, s’est rendu le 1er avril à Damas. Selon le porte-parole de la commission, Frederick Jones, il a été longuement reçu par le président Bachar Al-Assad et il a évoqué les livraisons d’armes au Hezbollah. Sans confirmer explicitement les transferts de Scud, le porte-parole a souligné que M. Kerry, avant son départ, avait été "informé en détail des questions relatives au renseignement". Une précision qui sous-entend, aux yeux des analystes, que le sénateur a présenté des preuves au président syrien. Lors de l’entretien, il a demandé que ces transferts d’armes "cessent afin de promouvoir la stabilité régionale", a indiqué le porte-parole.

L’affaire intervient alors que l’administration Obama peine à voir sa politique de la main tendue récompensée. Pour la première fois en cinq ans, elle s’apprête à renvoyer un ambassadeur à Damas. Certains républicains ont souhaité retarder l’installation de ce diplomate, Robert Ford, l’actuel numéro deux à Bagdad, mais les partisans de la politique de dialogue soulignent qu’elle a, au contraire, plus que jamais besoin d’un représentant à Damas.

La nomination du diplomate a fait l’objet d’un vote favorable, mardi, à la commission des affaires étrangères, mais doit être confirmée par les sénateurs. Les Etats-Unis avaient rappelé leur ambassadeur en 2005 après l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafic Hariri.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :