mardi 17 octobre 2017

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L’Iran propose de désarmer les puissances atomiques

Le Figaro

samedi 17 avril 2010, sélectionné par Spyworld

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Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a suggéré samedi la création d’un « organe international indépendant » pour contrôler le désarmement, en ouverture d’une conférence sur le nucléaire à Téhéran.

Accusée de se doter de l’arme atomique, menacée de sanctions, l’Iran se rêve en gendarme du nucléaire mondial. Samedi matin, en ouverture d’une conférence sur la non-prolifération qui se tiendra durant deux jours à Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad a proposé la création d’un « organe international indépendant, disposant de pleins pouvoirs donnés par l’Assemblée générale de l’ONU » chargé de superviser le désarmement des pays dotés de l’arme atomique. Le président iranien a également proposé que « les Etats ayant l’arme nucléaire, ceux l’ayant utilisée ou ceux ayant menacé de l’utiliser » soient « suspendus de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et particulièrement les Etats-Unis ».

Selon lui, une révision du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) doit être « effectuée par les pays indépendants ne possédant pas d’armes nucléaires. La présence des pays possédant l’arme nucléaire, particulièrement les Etats-Unis, empêche l’élaboration d’une traité équitable ». Pour Mahmoud Ahmadinejad le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, est « antidémocratique, injuste et inhumain ». Ce droit « devrait soit être annulé, soit, si certains insistent pour le conserver, être étendu à certains pays d’Amérique latine, d’Asie, d’Afrique et d’Europe afin de réduire ses effets négatifs ».

« Criminel atomique »

Si l’Iran affiche une telle détermination sur la question, c’est qu’elle n’envisage officiellement toujours pas de se doter de l’arme atomique. L’enrichissement de l’uranium et le programme nucléaire auraient ainsi des visées purement civiles. Juste avant l’allocution du président iranien, le guide suprême, Ali Khamenei, a réaffirmé que « l’utilisation des armes nucléaires est interdite par l’islam (« haram ») ». « Seul le gouvernement américain a commis un crime nucléaire. Le seul criminel atomique du monde ment en se présentant lui-même comme opposé à la prolifération, alors qu’il n’a pris aucune mesure sérieuse dans ce domaine », a-t-il dit.

La conférence, à laquelle les pays occidentaux ne sont pas présents, doit discuter pendant deux jours du « désarmement nucléaire, de la non-prolifération et de l’utilisation de la technologie nucléaire à des fins pacifiques », selon les autorités iraniennes. Elle réunit huit chefs de diplomatie (Irak, Syrie, Liban, Oman, Arménie, Turkménistan, Centrafrique et Swaziland) ainsi que des vice-ministres de Russie, du Qatar, des Emirats arabes unis et un « assistant spécial du ministre chinois des Affaires étrangères », selon les Affaires étrangères. Le président de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) Ekmeleddin Ihsanoglu et des représentants de l’AIEA et de l’ONU sont également présents.


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