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Rencontre jeudi Inde-Pakistan dans l’ombre d’une affaire d’espionnage

ATS

mercredi 28 avril 2010, sélectionné par Spyworld

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Les Premiers ministres indien et pakistanais doivent se rencontrer jeudi lors d’un sommet régional au Bhoutan dans un contexte où les deux pays rivaux tentent de reprendre un difficile dialogue de paix, dans l’ombre d’une affaire d’espionnage.

Le ministère indien des Affaires étrangères a annoncé mardi l’arrestation à New Delhi d’une diplomate de 53 ans employée à l’ambassade de l’Inde à Islamabad, soupçonnée d’avoir fourni des informations aux services de renseignements pakistanais.

Madhuri Gupta, qui travaillait au sein du service de l’information de l’ambassade, est soupçonnée d’avoir transmis à ses contacts pakistanais des informations émanant du chef du service indien de renseignements, de recherches et d’analyses à Islamabad.

Elle était surveillée depuis six mois et a été rappelée à New Delhi pour des consultations sur le sommet au Bhoutan, un prétexte pour pouvoir l’arrêter, selon l’agence Press Trust of India (PTI). Cette fonctionnaire risque une peine maximale de 14 ans de prison pour violation du secret défense. Publicité

Le ministre indien des Affaires étrangères S.M. Krishna a précisé que la fonctionnaire était sous le coup d’une enquête conjointe de la police et du ministère de l’Intérieur pour comprendre ses motivations et son mode opératoire.

C’est dans ce contexte que doivent se rencontrer jeudi le Premier ministre Manmohan Singh et son homologue pakistanais Yousuf Raza Gilani, a annoncé le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Vishnu Prakash. L’ordre du jour n’a pas été précisé.

Cette affaire d’espionnage pourrait jeter une ombre sur les relations déjà tendues entre les deux frères ennemis qui se sont mené trois guerres depuis leur indépendance concomitante en 1947 et ne parviennent à se mettre d’accord sur la façon de reprendre un dialogue de paix entamé en 2004.

Le porte-parole du ministère pakistanais aux Affaires étrangères, Abdul Basi, a affirmé que l’arrestation de la diplomate était "une affaire intérieure et n’aurait aucune incidence sur les activités" du sommet.

Le Pakistan voudrait la reprise d’un dialogue global avec l’Inde.

"Il est temps pour l’Inde de décider si elle veut s’engager ou non (...) L’engagement (pour un dialogue global) est le seul moyen d’aller de l’avant", a commenté le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mahmood Qhreshi, avant l’ouverture du sommet.

"Nous avons besoin d’aller au-delà d’une poignée de mains", a-t-il ajouté en référence aux échanges de politesse indo-pakistanais lors du sommet nucléaire à Washington mi-avril.

Les Premiers ministres ont assisté mercredi à l’ouverture du sommet régional pour la coopération des huits pays d’Asie du sud (SAARC) dans la capitale bhoutanaise, Thimphu.

Ce groupement régional a été créé en 1985 pour augmenter le niveau de vie des populations de la région (Sri Lanka, Bangladesh, Inde, Pakistan, Bhoutan, Népal, Maldives, Afghanistan), sans beaucoup de succès selon les observateurs.

L’Inde avait suspendu le dialogue de paix avec son voisin après les attentats de Bombay en novembre 2008. New Delhi a accusé un groupe islamiste basé au Pakistan. Publicité

Une tentative de reprise de dialogue au niveau des secrétaires aux Affaires étrangères a pour la première fois eu lieu en février à New Delhi.

Cependant, à l’issue de la rencontre, l’Inde a jugé que le dialogue ne pourrait entièrement reprendre qu’à la condition que le Pakistan s’efforce de traduire en justice les responsables des attentats de Bombay.


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