dimanche 10 décembre 2017

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La France se protège contre les OPA

Le Temps.ch

mercredi 4 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

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Paris suit l’exemple de la plupart des grandes puissances économiques.

Pourtant, échaudés en 2000 par les intentions de deux fonds d’investissement américains présumés proche de la CIA, Texas Pacific Group et Spectrum Equity Investors, à l’égard de la société française Gemplus, leader mondial des cartes à puces, le Ministère des affaires étrangères avait tenu à souligner, dans une note du 22 février 2004, les risques encourus par Eutelsat alors visé par ces deux mêmes fonds.

Le Quai d’Orsay évoquait la « remise en cause de la continuité et de la sécurité de diffusion des chaînes publiques françaises et européennes », les « risques industriels », dans la mesure où « Eutelsat a recours en exclusivité aux services de lancement d’Arianespace », ou encore les « menaces pour l’utilisation d’Eutelsat par les forces militaires de pays européens » qu’aurait représentées cette opération. La montée en puissance de ces fonds avait alors été limitée. Au lieu du tiers du capital espéré dans Eutelsat, ils n’ont pris que 23,3%.

Hormis les Pays-Bas, la Belgique et l’Autriche, les Etats membres de l’Union européenne ont tous mis en place des dispositifs de contrôle des investissements étrangers garantissant l’ordre public et la défense nationale. Au Danemark, l’acquisition de groupes spécialisés dans le transport maritime et aérien ou l’exploration pétrolière est interdite à toutes sociétés non danoises. L’Allemagne dispose d’un droit de veto pour tout investissement étranger égal ou supérieur à 25% dans des activités de défense et de cryptologie. En Espagne, les secteurs de la défense nationale, des jeux, de la télévision et de la radio sont aussi très protégés.

Aux Etats-Unis, les acquisitions de sociétés américaines font l’objet d’une étude de la Committee on Foreign Investment in the United States (Commission des investissements étrangers aux Etats-Unis) dirigée par le secrétaire au Trésor, qui doit déterminer si la vente à un propriétaire étranger d’une entreprise « menace d’affaiblir la sécurité nationale ».

Le 11 septembre et les craintes récentes d’une vague d’acquisitions par la Chine de grandes entreprises américaines ont renforcé les réflexes protectionnistes, notamment lors de la tentative d’offre publique d’achat (OPA) du chinois CNOOC sur la septième compagnie pétrolière américaine Unocal en juin 2005.


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