jeudi 14 décembre 2017

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Défense antimissiles de l’Europe : 200 millions d’euros seulement (Rasmussen)

AFP

mercredi 5 mai 2010, sélectionné par Spyworld

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La création d’un système de missiles antimissiles complémentaire pour protéger la population des pays européens de l’Otan coûterait "moins de 200 millions d’euros sur 10 ans", a assuré mercredi le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen.

"L’Otan, a-t-il rappelé devant la presse, construit déjà un système antimissiles pour protéger nos soldats lorsqu’ils sont en mission", et dont le développement est évalué à 833 millions d’euros, selon des chiffres officiels.

Sur cette base, "le coût supplémentaire pour protéger non seulement nos soldats mais aussi notre population, les citoyens ordinaires dans nos villes, est de moins de 200 millions d’euros sur 10 ans, à répartir entre les 28 Etats membres", a assuré M. Rasmussen.

"Pour ce prix, comment pourrions-nous ne pas être d’accord pour bâtir une défense pour tous nos citoyens contre des attaques de missiles ? Pourquoi protégerions-nous nos soldats mais pas toutes les autres personnes ?", s’est interrogé M. Rasmussen.

"Est-ce que l’Otan devrait prendre en charge la défense territoriale antimissiles en tant que mission de l’Alliance ? Ma réponse est simple : c’est oui", a donc conclu M. Rasmussen, souhaitant que la décision soit prise lors du sommet de l’Otan fin novembre à Lisbonne.

Le système de commandement et de contrôle de l’Otan relierait les systèmes antimissiles existants ou en cours d’installation de pays comme les Pays-Bas ou l’Allemagne à celui que les Etats-Unis ont l’intention de déployer dans l’Est de l’Europe, ainsi que des éléments complémentaires (radars, missiles intercepteurs) installés sur des bases terrestres ou des bateaux.

Ce dispositif viserait notamment à protéger les membres européens de l’alliance d’attaques de missiles à courte ou moyenne portée. Il se distingue de l’ancien projet américain de "bouclier" lancé par le président George W. Bush, qui avait pour objectif de défendre le territoire américain contre des missiles à longue portée survolant l’Europe.

Le secrétaire général de l’Otan a affirmé qu’une défense antimissile dite "territoriale" était justifiée par l’existence d’une "menace croissante", citant ce qu’il a appelé "les aspirations iraniennes à se doter de moyens nucléaires et balistiques".

Il a ajouté que l’Europe "doit continuer à contribuer à sa propre défense" et souligné qu’il "fait sens, d’un point de vue politique et militaire, d’en parler avec la Russie".

Ces questions devraient être débattues d’ici au sommet de Lisbonne, à l’occasion duquel le nouveau "concept stratégique" de l’Alliance atlantique sera adopté. L’interconnexion des systèmes Otan, américains et russes sera en parallèle discutée avec Moscou, a encore indiqué M. Rasmussen.


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