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La rupture des négociations Thales-Safran, revers pour le ministre de la défense

Dominique Gallois, le Monde

jeudi 13 mai 2010, sélectionné par Spyworld

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Mardi 11 mai, les dirigeants de Thales et de Safran affichaient une volonté de dédramatiser la rupture de leurs négociations sur un rapprochement dans l’optronique. Les deux groupes continueront à développer leurs technologies de vision à base d’infrarouge pour les lunettes de tir, les jumelles ou les caméras embarquées, des activités bénéficiaires et en croissance.

Le ton était plus amer au ministère de la défense, où Hervé Morin s’était personnellement impliqué dans les discussions. Le ministre était persuadé d’aboutir à un accord d’autant que ces sociétés ont parmi leurs actionnaires l’Etat présent à hauteur de 30 % chez Safran, de 27 % chez Thales.

Après cet échec, le ministère a décidé de proroger le gel des financements des projets de recherche et de technologie destinés aux deux groupes. Annoncée pendant les négociations, cette décision vise à faire pression pour tenter de relancer les discussions. "Le sujet reste ouvert", affirme-t-on au ministère. Néanmoins, cette mesure qui porte sur quelques dizaines de millions d’euros a plus valeur de symbole au regard des financements consacrés à la recherche par ces groupes. Elle ne concernerait que des projets très en amont.

"Le temps du Meccano industriel imposé par l’Etat est révolu", explique un expert du secteur. "Thales et Safran sont cotés en Bourse. Ils ont des actionnaires privés et ne peuvent aller à l’encontre de leurs intérêts. Les pouvoirs publics doivent en tenir compte."

Depuis plusieurs mois, la direction générale de l’armement (DGA) pousse les deux groupes à rapprocher leurs activités d’optronique et de navigation inertielle - elle permet à un avion ou à un sous-marin de connaître sa position. Cela éviterait les saupoudrages de financement public. Elle permettrait à Thales de devenir numéro deux mondial derrière l’américain Raytheon, avec un chiffre d’affaires passant d’environ 600 millions d’euros à 1 milliard d’euros.

Aucune concession

Alors que Thales proposait de payer ce transfert en cash, Safran a plaidé pour un échange d’actifs, précisant qu’il cédait un pôle stratégique. En compensation, le président du directoire Jean-Paul Herteman a demandé une autre activité- clef : les calculateurs embarqués, ces ordinateurs servant notamment à la régulation des moteurs.

Il se heurtait au refus du patron de Thales, Luc Vigneron, soutenu par l’Association du personnel actionnaire de Thales (APAT). S’en séparer reviendrait à affaiblir l’avionique du groupe. Aucun des deux patrons n’a alors fait de concessions, malgré les injonctions du ministère de la défense.

Pendant ce temps, dans la plus grande discrétion, un autre dossier est sur le point d’aboutir. Il concerne la reprise par Safran d’une filiale du groupe public SNPE spécialisée dans la propulsion des fusées et des missiles. Près de dix ans auront été nécessaires pour y parvenir...


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