lundi 18 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Le SCRS a les groupes terroristes locaux à l’oeil

Le SCRS a les groupes terroristes locaux à l’oeil

Agence QMI, Bryn Weese

dimanche 16 mai 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Il existe « plusieurs » cellules terroristes comme celle des « 18 de Toronto » au Canada, mais ne vous inquiétez pas : notre agence nationale d’espionnage les a à l’œil.

Récemment, devant un comité parlementaire chargé de la sécurité nationale, le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité, Dick Fadden, a indiqué que ces groupes formés de Canadiens « radicalisés » de deuxième et troisième générations « envisagent » des actes de violence.

« Nous enquêtons sur plusieurs groupes terroristes semblables au Canada. (…) Je crois qu’il s’agit de l’aspect le plus inquiétant de notre travail aujourd’hui. Ce sont les gens qui ont vécu dans notre pays pendant très longtemps et qui rejettent l’essence même de nos valeurs en tant que Canadiens. »

Ces groupes ne représentent qu’une tranche des 200 personnes placées sous surveillance au Canada en raison de leurs occupations, qui concordent avec la définition du terrorisme.

Le Service canadien du renseignement et de sécurité (SCRS) n’a donné aucun détail supplémentaire quant à l’identité ou à l’emplacement de ces 200 individus, mais les experts ne sont pas encore prêts à sonner l’alarme.

« La portée de la loi antiterroriste est vaste. Tous les actes terroristes sont sérieux, mais certains sont clairement plus sérieux que d’autres », affirme Wesley Wark, un spécialiste du renseignement de sécurité qui enseigne à l’Université de Toronto, en ajoutant que ces 200 présumés terroristes ne « fabriquent probablement pas tous des bombes. Peut-être qu’aucun d’entre eux n’en fabrique. Nous ne connaissons pas les détails. »

Ni M. Wark, ni le président du Mackenzie Institute, John Thompson, n’ont été particulièrement surpris par ce nombre, sauf peut-être qu’ils l’ont trouvé un peu bas et qu’en général, le SCRS ne divulgue absolument rien concernant ses activités.

D’après M. Thompson, le SCRS tente de faire passer « un très sérieux message » en dévoilant ces informations - qu’il soupçonne d’ailleurs de ne pas être tout à fait exactes.

« Il n’y pas seulement que 200 personnes sous surveillance au Canada (…), mais il faut absolument faire la différence entre ceux qui ne font que raconter n’importe quoi sur Internet, explique-t-il. Les adolescents de 16 ans qui ne font que se vanter en ligne d’être des combattants du djihad sont peut-être sur la liste de surveillance, mais le SCRS ne gaspillera pas ses ressources sur eux. »

M. Wark note également qu’un récent briefing du MI5, le service de renseignement britannique, a révélé qu’environ 3000 présumés terroristes sont présentement sous surveillance en Angleterre – huit fois plus qu’au Canada par habitant.

Le plus inquiétant dans cette histoire, du moins pour John Thompson, c’est que le SCRS préférerait probablement en surveiller plus, mais que son budget l’en empêche.

« Nous n’avons pas les moyens d’enquêter et d’intenter des poursuites contre tout le monde. [Le SCRS] est un organisme surchargé et sous-financé », conclut-il

Dick Fadden a également déclaré que la population serait « surprise » par la « quantité déconcertante » de Canadiens qui ont « voyagé à l’étranger à des fins terroristes », et que les Canadiens jouent des « rôles majeurs » au sein d’organisations terroristes situées dans d’autres pays.

Depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001, le budget du SCRS a augmenté de 72 %.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :