jeudi 19 octobre 2017

Accueil du site > Défense > International > Nucléaire : l’Iran signe un accord d’échange d’uranium

Nucléaire : l’Iran signe un accord d’échange d’uranium

Thomas Vampouille, le Figaro

mardi 18 mai 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Cet « accord de la dernière chance » qui prévoit de faire enrichir en Turquie l’uranium iranien doit être validé par l’AIEA et le Conseil de sécurité de l’ONU. Mais Téhéran annonce d’ores et déjà qu’il ne compte pas pour autant cesser ses activités nucléaires en Iran.

L’Iran envoie à nouveau un message brouillé dans le dossier du nucléaire. Alors que lundi matin, Téhéran a signé un accord avec le Brésil et la Turquie sur un projet d’échange d’uranium, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé dans la foulée que « l’Iran va continuer à enrichir l’uranium sur son territoire ».

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui s’opposent à de nouvelles sanctions internationales contre l’Iran, étaient arrivés dimanche à Téhéran pour une médiation « de la dernière chance ». Lundi matin, ils sont parvenus avec Mahmoud Ahmadinejad à un accord prévoyant de laisser à la Turquie le soin d’enrichir l’uranium iranien sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Si les grandes puissances acceptent cette proposition, « l’Iran enverra dans un délai d’un mois 1.200 kg (soit la majorité de son stock connu, ndlr) de son uranium faiblement enrichi (3,5%, ndlr) en Turquie », a expliqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Cet uranium serait échangé dans le délai maximum d’un an contre 120 kilos de combustible hautement enrichi (20%), nécessaire au réacteur de recherche nucléaire de Téhéran. Un tel processus devrait permettre de s’assurer que l’uranium iranien n’est pas utilisé à des fins militaires.

« Il n’y a plus besoin de sanctions »

Cette proposition doit être communiquée dans la semaine à l’AIEA puis au groupe de Vienne (Etats-Unis, Russie, France), a expliqué le ministère iranien des Affaires étrangères. « Il est temps pour les pays ‘5+1’ d’entrer avec l’Iran dans des pourparlers fondés sur l’honnêteté, la justice et le respect mutuel », a déclaré Mahmoud Ahmadinejad après la signature de l’accord. Il faisait référence aux six puissances engagées dans les discussions sur ce dossier, soit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne.

« Cet accord montre que le temps est toujours à la diplomatie et la négociation », s’est félicité le ministre brésilien des Affaires étrangères. Pour son homologue turc, optimiste, l’accord met d’ores et déjà un terme à la crise provoquée entre l’Iran et les grandes puissances, qui s’était cristallisée sur la question de l’enrichissement d’uranium. « Aujourd’hui, il n’y a plus besoin de sanctions », a-t-il déclaré.

C’était sans compter sur un nouveau revirement : quelques heures après la signature de l’accord, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que « l’Iran va continuer à enrichir l’uranium à 20% sur son territoire ». Or pour renoncer à de nouvelles sanctions, la communauté internationale exige que l’Iran renonce de son côté à tout enrichissement à domicile.

Ce nouveau manque de cohérence pourrait bien réduire à néant la médiation turco-brésilienne. La communauté internationale est en effet échaudée par les multiples volte-face de Téhéran sur le sujet. En octobre dernier, les Etats-Unis, la Russie et la France avaient déjà proposé à Téhéran de livrer 1.200 kilos de son uranium pour qu’il soit enrichi en Russie puis transformé en France. L’Iran avait dans un premier temps accepté cette proposition, avant de la rejeter et de lancer sa propre production d’uranium enrichi. C’est ce qu’a rappelé lundi un haut responsable israélien, qui accuse les Iraniens d’avoir « manipulé » la Turquie et le Brésil en « faisant semblant d’accepter » un arrangement.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :