dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Défense > International > La Corée du Nord a bien coulé un navire sud-coréen

La Corée du Nord a bien coulé un navire sud-coréen

Thomas Vampouille, le Figaro

jeudi 20 mai 2010, sélectionné par Spyworld

logo

L’indignation internationale est unanime après les conclusions, accablantes pour Pyongyang, de l’enquête sur le naufrage en mars du Cheonan dans la mer Jaune.

Nouvel accès de fièvre entre les deux Corées. Une commission d’enquête internationale a conclu jeudi qu’une torpille tirée par un sous-marin nord-coréen a bien été la cause du naufrage il y a deux mois d’une corvette sud-coréenne.

De forts soupçons pesaient sur la Corée du Nord depuis le naufrage le 26 mars du Cheonan, une corvette de 1.200 tonnes, après une mystérieuse explosion près de la frontière maritime avec la Corée du Nord. Quarante-six marins avaient péri dans ce qui constitue désormais l’une des pires attaques contre la Corée du Sud depuis l’attentat contre un Boeing de la Korean Airlines en 1987, attribué à des agents nord-coréens. Mais Pyongyang a toujours démenti toute implication dans cet événement qui a ému la population sud-coréenne.

Pourtant le rapport - établi à partir des travaux d’une équipe d’experts civils et militaires américains, australiens, britanniques et suédois - est sans équivoque : « Les preuves amènent de manière accablante à la conclusion que la torpille a été tirée par un sous-marin nord-coréen ». Selon les enquêteurs, l’attaque contre la corvette a probablement été menée par un sous-marin de poche : « Plusieurs petits sous-marins soutenus par un navire d’assistance ont quitté une base navale nord-coréenne située en mer Jaune deux à trois jours avant l’attaque et ont regagné la base deux ou trois jours après ». « Il n’y aucune autre explication possible », estiment-ils, précisant que l’explosion qui a brisé le navire de guerre en deux a été provoquée par une torpille de 250 kg.

« Un geste impardonnable »

L’épisode promet de plomber encore un peu plus les relations entre les deux Corées. Le président sud-coréen a d’ores et déjà promis que « des mesures énergiques » allaient être prises. Si Séoul semble avoir renoncé à une riposte militaire, de peur de déclencher un conflit majeur, il devrait en revanche saisir le Conseil de sécurité de l’ONU afin de demander de nouvelles sanctions contre le Nord. Mais Pyongyang, qui a qualifié les accusations des enquêteurs « d’affabulations », a déjà averti que de nouvelles sanctions internationales pourraient provoquer une « guerre généralisée ».

La nouvelle a par ailleurs déclenché une vague d’indignation dans la communauté internationale. « Le geste de la Corée du Nord est impardonnable et nous le condamnons de la façon la plus ferme », a déclaré le premier ministre japonais, Yukio Hatoyama. Les Etats-Unis, qui ont joué un rôle très important dans l’enquête, condamnent « fermement l’acte d’agression » de la Corée du Nord, a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs. Le président Barack Obama en personne a exprimé « sa profonde compassion » à son homologue sud-coréen Lee Myung-Bak et au peuple sud-coréen. « Cette attaque démontre une insensibilité totale pour la vie humaine et un mépris flagrant des devoirs internationaux », a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères. Enfin le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a jugé « profondément inquiétantes » les conclusions de l’enquête internationale. « Toutes les parties devraient garder leur calme et faire preuve de retenue (...) pour éviter une escalade », a tenté de tempérer la Chine, un des rares alliés de Pyongyang.

La reprise des négociations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, hébergées par la Chine depuis 2003, pourrait néanmoins se trouver compromise. « Je pense qu’il est très difficile de mener des discussions à six dans les mêmes circonstances qu’auparavant », a déclaré le porte-parole du premier ministre japonais, référence aux pourparlers menés sur ce sujet entre les deux Corées, la Chine, le Japon, les Etats-Unis et la Russie. Depuis que Pyongyang a claqué la porte en avril 2009, pour protester contre des sanctions internationales, ces négociations sont au point mort.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :