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La Corée du Sud fera payer au Nord le naufrage de sa corvette

Nouvelobs.com

vendredi 21 mai 2010, sélectionné par Spyworld

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"La Corée du Nord a dépassé les limites", selon le ministre sud-coréen de la Défense.

Le ministre sud-coréen de la Défense a affirmé vendredi 21 mai que Séoul "ferait payer" à la Corée du Nord le naufrage par un tir de torpille de la corvette Cheonan (46 morts), alors que la pression internationale s’accentue sur le régime communiste de Pyongyang.

"La Corée du Nord a dépassé les limites et, pour un tel acte, nous la ferons payer", a assuré Kim Tae-Young. Il a ajouté que parmi les mesures envisagées figurent des sanctions supplémentaires au Conseil de sécurité de l’ONU.

De son côté, le président sud-coréen Lee Myung-Bak a qualifié le naufrage de "provocation armée qui constitue une violation de la Charte des Nations unies, de l’accord d’armistice (ayant mis fin à la guerre de Corée entre 1950 et 1953) et de l’accord cadre inter-coréen (de 1991)".

Mais le Sud semble avoir écarté une quelconque riposte militaire par crainte d’une guerre généralisée. "Cet incident est si sérieux et si grave que nous devons être très prudents dans la façon dont nous le gérons", a affirmé Lee Myung-Bak.

Tir de torpille

Jeudi, une enquête internationale sur la cause du naufrage de la corvette de 1.200 tonnes, qui a coulé le 26 mars dernier au large de l’île de Baengnyeong, près de la frontière maritime avec la Corée du Nord, a conclu à un tir de torpille par un sous-marin nord-coréen. Quarante-six marins sud-coréens avaient péri dans le naufrage du navire qui s’était brisé en deux.

Le Commandement des Nations unies en Corée du Sud, contrôlé par Washington, a déclaré vendredi qu’il mettait en place "une équipe spéciale d’investigations", pour passer en revue les résultats de l’enquête internationale dirigée par la Corée du Sud et "déterminer l’étendue de la violation de l’armistice (de 1953)".

Pour la deuxième fois en deux jours, la Corée du Nord a nié vendredi toute implication dans le naufrage de la corvette. Elle accuse Séoul d’avoir "fabriqué" des preuves et affirme que les deux pays sont désormais "proches de la guerre".

Un haut responsable sud-coréen a estimé que l’attaque contre le Cheonan était une vengeance liée à un incident maritime frontalier en novembre dernier, à l’issue duquel un patrouilleur nord-coréen s’était retrouvé en flammes. L’objectif du tir de torpille nord-coréen en mars était de "rétablir l’honneur de l’armée et remonter son moral", a affirmé le général Hwang Won-Dong, directeur de l’Agence des renseignements de la Défense sud-coréenne.

Clinton menaçante

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, en tournée d’une semaine en Asie, a quant à elle exigé que la Corée du Nord mette fin à "son comportement provocateur". Washington a prévenu jeudi que l’attaque nord-coréenne aurait "sans aucun doute des conséquences". Et de préciser que les 28.000 soldats américains stationnés en Corée du Sud n’avaient pas été placés en état d’alerte.

Le ministre japonais des Affaires étrangères Katsuya Okada, qu’Hillary Clinton a rencontré vendredi, lui a affirmé qu’il voulait discuter "en particulier de la question du naufrage" et aussi de la Chine et de l’Iran. La responsable américaine lui a répondu que Washington désirait renforcer l’alliance avec le Japon, qui fête cette année ses 50 ans. "Nous partageons votre profonde inquiétude à propos du naufrage du navire patrouilleur et je suis impatiente de discuter de cette affaire", a-t-elle affirmé.

Lors de ses entretiens à Pékin, la secrétaire d’Etat va demander aux dirigeants chinois leur "évaluation" de l’incident qui devrait être porté devant le Conseil de sécurité de l’ONU, au sein duquel la Chine dispose d’un droit de veto.

De source américaine, la secrétaire d’Etat américaine profitera aussi de son voyage pour "établir et mettre en place un ensemble de réponses" au naufrage. Celles-ci pourraient être présentées mercredi 26 mai à Séoul, dernière étape de sa tournée.

D’après les médias sud-coréens, la Corée du Sud et les Etats-Unis pourraient notamment annoncer des manoeuvres conjointes en Mer Jaune, à l’endroit où le navire militaire a coulé.


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