samedi 21 octobre 2017

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Les tentatives d’attentats atteignent un record aux USA

Jim Jarrassé, le Figaro

vendredi 28 mai 2010, sélectionné par Spyworld

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D’après un rapport confidentiel, ces projets sont difficiles à déceler car de plus en plus d’Occidentaux agissent pour le compte de groupes terroristes sur le sol américain.

Un mois après la tentative d’attentat de Times Square, un document confidentiel du département américain de la sécurité intérieure (DHS), révélé par CNN, a de quoi inquiéter. Daté du 21 mai, on y apprend que « le nombre et le rythme des tentatives d’attentats contre les Etats-Unis au cours des neuf derniers mois ont dépassé les mêmes statistiques durant toute autre période d’une année précédente. » En clair, sans être précisément chiffrés, les projets d’attaques terroristes sur le sol américain n’ont jamais été aussi nombreux. Et le DHS de renchérir en assurant qu’étant donné la « fréquence croissante » de ces tentatives d’attentats, les autorités américaines doivent « opérer en partant du principe que des groupes terroristes sont infiltrés dans le pays et sont susceptibles de prévoir un attentat sans prévenir ».

Pour le département américain de la sécurité intérieure, le danger est donc omniprésent. D’autant que de nouvelles habitudes dans les modes opératoires des terroristes viennent compliquer la donne : auparavant prévues et exécutées par des étrangers mieux surveillés sur le sol américain, les tentatives d’attentats sont désormais en partie l’œuvre de citoyens américains. Des Occidentaux liés à des groupes comme al-Qaida et les talibans pakistanais. A l’instar de Faisal Shahzad, l’auteur présumé de l’attentat raté de Times Square, ou de « Djihad Jane », une blonde aux yeux bleus de Philadelphie accusée d’avoir fomenté un complot avec des terroristes islamistes. Ces Américains, relate le rapport, constituent une menace majeure car ils sont difficilement repérables par les services de renseignement et connaissent bien l’environnement dans lequel ils doivent agir. Ils peuvent de plus acheter aux Etats-Unis tout le matériel nécessaire à leur forfait sans être suspectés.

Des relais idéologiques

Ces ressortissants américains, note aussi le DHS, ne se contentent pas de comploter. Ils servent aussi aux groupes terroristes de relais idéologiques sur le sol américain, appelant les musulmans à attaquer les Etats-Unis. L’exemple le plus flagrant en la matière reste celui d’Anwar al-Aulaqi. Cet Américain de 38 ans, qui fut imam dans plusieurs mosquées du pays, n’a eu cesse de prêcher la propagande djihadiste pendant plusieurs années. En contact étroit avec le tireur de la fusillade de Fort Hood, au Texas, il est considéré par les services antiterroristes américains comme celui qui a recruté et entraîné le Nigérian auteur de l’attentat manqué du vol Amsterdam-Detroit, qui avait failli coûter la vie à 290 passagers. Réfugié au Yémen, il reste très gênant pour les Etats-Unis qui ont décidé de tout faire pour le neutraliser, quitte à commettre un assassinat ciblé. Une décision rare pour un ressortissant américain.

Les buts et les méthodes des terroristes ont changé, conclut le rapport. Loin des attentats du 11 septembre, la tendance est désormais « à des attentats de petite envergure, faciles à mettre en œuvre, contre des cibles accessibles ». Reste aux services américains à s’adapter à ces nouvelles menaces, plus discrètes mais toujours dangereuses. Pointé du doigt lors de l’attentat manqué du vol Amsterdam-Detroit, le renseignement est actuellement en phase de restructuration, suite à la démission la semaine dernière de son directeur, Dennis Blair. L’administration Obama, qui publie ce jeudi sa « stratégie de sécurité nationale », un document sur la manière dont les Etats-Unis évaluent et contrent les menaces, assure vouloir s’adapter aux changements tactiques d’al-Qaida.


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