mercredi 18 octobre 2017

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Nucléaire : accord trouvé sur un Proche-Orient dénucléarisé

Nouvelobs.com

dimanche 30 mai 2010, sélectionné par Spyworld

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Adopté lors de la conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), Israël en a dénoncé l’"hypocrisie", tandis que Téhéran saluait "un pas en avant vers la création d’un monde sans armes nucléaires" et Bernard Kouchner, "un résultat positif".

L’Iran s’est félicité samedi 29 mai du résultat de la conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), parvenue à un accord sur la création d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient qui demande à Israël de placer toutes ses installations sous contrôle international. Israël a quant à elle dénoncé "l’hypocrisie" de l’accord.

"C’est un pas en avant vers la création d’un monde sans armes nucléaires", a estimé Ali Asgar Soltanieh, représentant de l’Iran à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans une interview à l’agence officielle Irna.

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a salué "un résultat positif", dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères. "La France se félicite de l’adoption, par la conférence, d’un document final comportant une feuille de route ambitieuse, apte à relancer la dynamique de ce Traité essentiel qu’est le TNP", affirme Bernard Kouchner, en notant qu’il s’agit d’’’un résultat positif pour notre sécurité collective". Il souligne toutefois que les textes auraient pu "être plus incisifs sur les crises de prolifération, en particulier la crise iranienne qui est au coeur des préoccupations de la communauté internationale".

Pour Israël cependant, "cet accord est marqué du sceau de l’hypocrisie. Seul Israël est mentionné alors que le texte passe sous silence d’autres pays comme l’Inde, le Pakistan, la Corée du nord qui disposent d’armes nucléaires ou, plus grave encore, l’Iran qui cherche à s’en doter", a affirmé à l’AFP un haut responsable gouvernemental sous couvert de l’anonymat.

"Le fait qu’aucune référence ne soit faite à l’Iran est d’autant plus choquante que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a divulgué ces derniers mois de plus en plus d’informations sur la nature militaire des projets nucléaires iraniens", a regretté ce responsable.

Désaccord américain

Le président américain Barack Obama a lui aussi salué l’accord, le qualifiant d’"équilibré et réaliste", tout en désapprouvant la position des signataires sur Israël.

Il a ainsi affirmé samedi être "fortement" en désaccord avec le fait que la conférence ait singularisé Israël et réaffirmé que "la principale menace de prolifération au Moyen-Orient est le refus de l’Iran de respecter ses obligations découlant du TNP".

L’Iran, accusé malgré ses démentis par une partie de la communauté internationale de chercher à se doter de l’arme nucléaire, n’est en effet pas mentionné dans le document final de la conférence.

"Les Etats-Unis sont obligés de suivre"

Interrogé sur ces réserves américaines concernant la demande faite à Israël, Ali Asgar Soltanieh a estimé qu’elles étaient "symboliques". "Les Etats-Unis sont obligés de suivre la demande de la communauté mondiale, qui est qu’Israël adhère au TNP et ouvre ses installations nucléaires aux inspecteurs de l’AIEA", a-t-il estimé.

Par ce genre de commentaire, "les Etats-Unis s’isolent eux-mêmes de la communauté internationale", a répliqué le représentant de l’Iran à l’AIEA en affirmant que "la question nucléaire iranienne relève de l’AIEA, alors que la conférence concernait le TNP et son avenir".

L’Union européenne salue le consensus

La chef de la diplomatie de l’Union Européenne Catherine Ashton a quant à elle salué samedi l’accord de la conférence de suivi du TNP. "Je salue avec enthousiasme le consensus atteint par la conférence de suivi du TNP", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

"L’UE et ses Etats membres ont l’intention de commencer rapidement la mise en application des mesures d’action pour les trois piliers" du Traité, a indiqué Catherine Ashton. "De plus, l’UE va immédiatement s’atteler à la préparation de sa contribution au processus d’application de la résolution sur le Proche-Orient", a-t-elle ajouté.

Un traité sur trois piliers

La conférence de suivi du TNP a adopté vendredi soir par consensus une déclaration qui prévoit quatre plans d’action sur chacun des trois piliers du Traité —désarmement, vérification des programmes nucléaires nationaux pour assurer qu’ils sont pacifiques et usage pacifique de l’énergie atomique— ainsi que sur le Proche-Orient dénucléarisé.

Le document adopté prévoit l’organisation en 2012 d’une conférence internationale, "à laquelle tous les Etats de la région sont censés participer et devant mener à l’établissement" d’une telle zone, ce qui implique la présence d’Israël et de l’Iran.

Limiter la prolifération des armes nucléaires

Le document final singularise Israël dans sa section consacrée au Proche-Orient, ce qui a été critiqué par les Etats-Unis mais applaudi par l’Iran (qui n’est pas mentionné nommément).

Israël, qui s’oppose à la création d’une zone sans armes nucléaires au Proche-Orient tant que la paix n’y règne pas, n’a jamais reconnu posséder l’arme atomique mais disposerait, selon les experts, d’au moins 200 têtes nucléaires.

Entré en vigueur en 1970, le TNP a servi de directive mondiale pour limiter la prolifération des armes nucléaires.


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