lundi 16 octobre 2017

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Le n°3 d’Al Qaïda tué au Pakistan par un drone américain

Zeeshan Haider et Sanjeev Miglani, Reuters

mardi 1er juin 2010, sélectionné par Spyworld

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Le "cheikh" Saïd al Masri, alias Moustafa Abou al Yazid, numéro trois et responsable opérationnel d’Al Qaïda, a vraisemblablement été tué fin mai, lors d’une frappe de drone américain dans les zones tribales du Pakistan frontalières de l’Afghanistan.

Sa mort, présentée comme "une grande victoire" par les services de renseignement américains, a été confirmée sur des sites internet habituellement utilisés par Al Qaïda, la mouvance de l’"insaisissable" chef djihadiste saoudien Oussama ben Laden.

Un responsable des services de sécurité pakistanais estime qu’Al Masri a probablement été tué lors d’une frappe aérienne le 21 mai, à 25 km à l’ouest de Miranchah, la principale ville du Nord-Waziristan, bastion des insurgés islamistes dans les zones tribales.

Ce militant islamiste précoce était né 17 décembre 1955 en Egypte, où il a participé à la fondation du Djihad islamique aux côtés de son compatriote Aïmane al Zaouahri, actuel numéro deux d’Al Qaïda, au sein duquel le groupe se fondra ultérieurement.

Le Djihad islamique sera impliqué dans l’assassinat en 1981 du président égyptien Anouar Sadate et ses responsables, dont Zaouahri et Masri, purgeront des peines de prison - trois ans pour ce dernier.

Masri quittera l’Egypte pour l’Afghanistan en 1988 avant d’être incriminé par d’autres tribunaux égyptiens pour son activisme et d’être notamment condamné à la prison à la perpétuité et même à la peine de mort.

CHEF DES OPÉRATIONS EN AFGHANISTAN

Masri - "l’Egyptien" en arabe - accompagnera Oussama ben Laden lorsque celui-ci quittera l’Afghanistan pour le Soudan en 1991 et aussi lorsqu’il y reviendra en 1996. Entre-temps, il s’occupera de la comptabilité des activités commerciales du chef d’Al Qaïda.

Considéré par la commission d’enquête américaine sur le 11 septembre 2001 comme le "trésorier" d’Al Qaïda, Masri passe pour avoir fourni des fonds à l’un des principaux kamikazes des attentats de New York, Mohamed Atta.

Masri était l’un des dirigeants les plus solides d’Al Qaïda, dont il était le chef pour le "Khorasan", une région qui, dans l’esprit de l’organisation djihadiste, regroupe l’Afghanistan, le Pakistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et l’Iran.

Coiffé d’un turban blanc et portant des lunettes, Masri apparaît dans de nombreux enregistrements vidéos d’Al Qaïda et des taliban afghans, dont il était le propagandiste.

Co-fondateur d’Al Qaïda, Masri était proche de Ben Laden et membre de sa "choura", une sorte de "conseil d’administration" de l’organisation djihadiste.

Il était réputé diplomate et entretenait de bonnes relations avec les groupes islamistes locaux, en Afghanistan comme au Pakistan.

Depuis mai 2007, il était le chef des opérations d’Al Qaïda en Afghanistan. Il est donc le responsable le plus haut placé de l’organisation a être tué depuis la frappe américaine qui avait coûté la vie à son chef militaire Mohammed Atef en novembre 2001 à Kaboul.

Marc Delteil pour le service français, édité par Gilles Trequesser


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