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Les conservateurs veulent créer une agence d’espionnage international

Le Matinternet

dimanche 8 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

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Le Canada joindrait les rangs de l’espionnage international grâce à une nouvelle agence qui serait mise sur pied par un gouvernement conservateur, a déclaré vendredi Stephen Harper.

La nouvelle organisation créée par les conservateurs aurait le mandat de mener des missions d’espionnage à l’étranger et de "contrer les menaces avant qu’elles n’atteignent le Canada", indiquent des documents préliminaires, présentés par les conservateurs comme une partie de leur programme de lutte contre le crime.

"Nous allons créer une organisation distincte grâce à une loi", a dit M. Harper.

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) _ l’agence civile d’espionnage _ est actif au Canada mais poursuit des activités spécifiques dans d’autres pays.

A l’origine, la proposition des conservateurs a été une source de confusion notamment parce que le document, rendu public jeudi, faisait référence à l’expansion à l’"Agence canadienne de renseignement international", bien qu’elle n’existe pas.

Vendredi, M. Harper a reconnu l’erreur et a affirmé que lorsqu’elle serait créée, la nouvelle organisation relèverait d’un responsable qui coordonnerait les activités du SCRS, de la Gendarmerie royale du Canada, de la Garde côtière canadienne et de l’Agence des services frontaliers du Canada.

Depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001 à Washington et New York, le gouvernement libéral a soulevé la question de la nécessité de redéfinir le rôle du SCRS _ ou de simplement créer une nouvelle agence indépendante.

Selon M. Harper, le temps des discussions est terminé étant donné l’état de fragilité de la sécurité internationale.

"Nous allons la créer", a-t-il dit aux journalistes lors d’une étape de sa caravane électorale à Bolton, au nord de Toronto.

Témoignant devant le comité des Communes en 2004, l’ancien directeur du SCRS, Ward Elcock, avait prédit que des terroristes frapperaient éventuellement le Canada et que les agents de son service avaient déjà empêché deux de leurs attentats.

Au-delà de simple fait de pouvoir contrer la menace que représente le réseau Al-QaJida d’Oussama Ben Laden et d’autres organisations, les conservateurs n’ont pas précisé quels seraient les pouvoirs de cette nouvelle agence.

Leur document préliminaire évoque les "attentats terroristes, des catastrophes naturelles, et des épidémies internationales" comme des menaces potentielles à la sécurité nationale.

M. Harper a indiqué qu’il élaborerait sa loi sur le modèle d’un projet de loi privé qui a été déposé aux Communes durant l’automne 2003.

Ironiquement, cette proposition avait été faite par le député libéral David Pratt, qui a brièvement occupé le poste de ministre de la Défense, avant d’être défait aux dernières élections de 2004.

A l’époque, le projet de loi proposait que l’agence dispose de son propre directeur et de ses employés.

Le projet de loi, qui n’a pas été adopté, aurait empêché l’agence de "participer, directement ou indirectement, à l’assassinat d’individus" ou au renversement de gouvernements.

M. Harper n’a pas voulu indiquer combien coûterait ce nouvel organisme mais il a affirmé que son budget pourrait être inclus dans le financement de 500 millions $ que les conservateurs ont prévu pour les questions relatives à la criminalité et aux sanctions qui s’y rattachent.


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