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La France entend fournir plusieurs milliards d’euros d’armement à la Grèce

Jean Guisnel, Le Point.fr

lundi 7 juin 2010, sélectionné par Spyworld

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Alors que la situation économique en Grèce est catastrophique, la course aux armements avec la Turquie se poursuit. Les négociations entre Athènes et Paris continuent et concernent notamment l’achat de 6 frégates multimissions FREMM (2,5 milliards d’euros) produites par DCNS et de quinze hélicoptères EC725 d’Eurocopter. Le ministre de la Défense Hervé Morin a confirmé récemment au député François Cornut-Gentille que la diminution de 6,6 % du budget grec de la défense en 2010 ne devrait pas affecter les négociations : "Cette diminution porte essentiellement, selon les propos du ministre de la Défense grec, sur les dépenses de fonctionnement. Aucune des mesures de restriction budgétaire supplémentaires décidées au mois de mars 2010, à la suite des interventions de l’Union européenne, ne devrait affecter, cette année, le budget d’acquisition du ministère de la Défense grec."

Pour mieux saisir cette persistance de la Grèce à acquérir du matériel militaire à l’étranger, on lira avec intérêt dans le dernier numéro du Débat stratégique (qui n’est actuellement disponible que dans son édition papier) un article de l’économiste Jean-Paul Hébert. Sous le titre "le fardeau militaire de la Grèce et la course aux armements avec la Turquie", il revient sur le budget de la défense grec, le plus élevé en Europe puisqu’il atteint 2,8 % du produit intérieur brut. Sur les vingt années 1988-2008, la moyenne du PIB consacré par la Grèce à sa défense est de 4 % contre 3,4 % pour la Turquie et 2,9 % pour la France et le Royaume-Uni. Selon les chiffres publiés par l’ONU, la Grèce et la Turquie ont respectivement acquis 1.581 et 1.275 chars de combat entre 1992 à 2008, des véhicules blindés d’infanterie (1.455 et 783), des canons d’artillerie (593 et 300), des avions de combat (241 et 110), des hélicoptères d’attaque (20 et 39), des navires de guerre (41 et 30) ainsi que des missiles et lanceurs (226 et 827). Ces achats massifs ne s’expliquent que par la concurrence acharnée entre les deux pays, l’effort de la Grèce (11 millions d’habitants) étant comparativement plus important que celui de la Turquie (72 millions d’habitants).

Vers une réduction des dépenses militaires

Si les États-Unis et l’Allemagne demeurent, et de très loin, les premiers vendeurs d’armes aux deux pays (fournissant notamment 93 % de leurs chars et 72 % de leurs navires de guerre), la France n’est bien placée qu’auprès de la Grèce, où elle arrive en troisième position. De 1991 à 2008, elle a livré 3,9 milliards d’euros d’armements à la Grèce. La Turquie est un client plus distant : la France n’arrive qu’au quatorzième rang de ses fournisseurs, avec 1,3 milliard d’armements vendus sur la même période.

Lors d’une visite à Athènes le mois dernier, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue grec George Papandréou ont convenu de réduire les dépenses militaires de leurs deux pays.


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