vendredi 20 octobre 2017

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Vente du Rafale aux Emirats : une note salée pour la France

Stéphanie Hancq, Nouvelobs.com, avec AFP

mardi 15 juin 2010, sélectionné par Spyworld

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La vente des 60 avions de combats aux Emirats arabes unis risque de se révèler coûteuse pour le ministère de la Défense, qui doit moderniser ses appareils à la demande d’Abou Dhabi.

La vente de 60 avions Rafale aux Emirats arabes unis risque d’avoir un goût amer pour le France. Selon le journal La Tribune du mardi 14 juin citant plusieurs sources concordantes, Abou Dhabi réclame en effet une modernisation de l’avion avant tout achat. Mais cette demande a un coût, et pas des moindres : l’addition plutôt salée s’élèverait entre 4 et 5 milliards d’euros, dont un milliard d’euros pour le seul moteur dont la poussée doit passer de 7,5 à 9 tonnes.

Une mauvaise surprise pour le gouvernement français en pleine période de crise. La France a bien tenté de faire baisser les coûts, mais les Emirats rejettent toute négociation refusant catégoriquement d’avoir un avion bas de gamme.

L’Emirat compte prendre à sa charge une partie des frais, mais seulement la moitié. Le reste devant être payé par le ministère français de la Défense et des industriels qui "partageront au prorata de leur participation industrielle dans le Rafale". Soit environ 37,5% pour Dassault Aviation, 37,5% pour Thales et 25% pour Safran.

Déconvenues en rafale

Le rafale n’en est pas à ses premières déconvenues : Dassault qui attend depuis plusieurs années le fameux ticket export enchaine en effet les échecs avec notamment le Maroc et la Corée du Sud. Tout deux ont en effet privilégiés les F-16 américains.

Plus récemment, ce sont les ventes de 36 avions avec le Brésil qui seraient compromises, et ce malgré un dossier bien avancé. Aux côtés du Rafale de Dassault Aviation annoncé favori, le Gripen du suédois Saab et le F-18 Super Hornet de l’américain Boeing sont finalistes pour un contrat estimé à quelque cinq milliards d’euros.

Malgré l’appui du président brésilien actuel, Lula, le contrat est loin d’être gagné. Tout d’abord, parce que l’armée brésilienne s’y oppose, et parce qu’il est peu probable qu’une négociation aboutisse avant la présidentielle brésilienne prévue fin octobre. Impossible en effet pour Lula de voter un budget qui pèsera lourd sur les finances, en pleine campagne présidentielle.

Ensuite peu importe l’étiquette du président élu, mais ce dernier pourrait exiger une pause de la négociation, voire le lancement d’un nouvel appel d’offres, et tout sera alors à recommencer.


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