mardi 24 octobre 2017

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Zones d’ombre autour de la libération de Planche

mardi 10 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

L’otage français en Irak est arrivé hier soir sur la base militaire d’Orléans-Bricy où il doit être débriefé par les services de renseignements.

BERNARD PLANCHE s’est déclaré hier soir « très heureux de revenir à la civilisation et de retrouver le sol français », et a expliqué, à sa descente d’avion sur la base militaire d’Orléans-Bricy vers 21 h 30, être « un peu affaibli » par 35 jours de captivité. Dans la confusion régnant autour de sa capture, les autorités françaises n’auraient aujourd’hui qu’une certitude. Selon une source proche du dossier, l’enlèvement du fondateur et responsable de l’organisation gouvernementale AACCESS a été, à la différence des trois autres ex-otages, prémédité par des individus connaissant ses horaires et ayant soigneusement choisi le meilleur moment pour frapper.

Rapt crapuleux

« De ce fait, précise un haut fonctionnaire, l’affaire a dû être traitée d’une façon totalement différente, dans une relation beaucoup plus étroite avec les forces américaines. » En clair, le mode opératoire des ravisseurs, le quartier en question, l’absence de revendications politiques, donnaient à l’affaire des airs d’enquête criminelle dans laquelle les forces de la coalition pouvaient naturellement apporter une aide précieuse. Voilà qui pourrait expliquer les remerciements appuyés aux forces américaines délivrés par le président de la République, le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères.

Les premières informations diffusées après le retour à la liberté de Bernard Planche indiquaient d’ailleurs que l’opération « de sécurisation et de contrôle » menée par les forces américaines et irakiennes dans la zone d’Abou Ghraïb était justifiée par des informations sur la présence d’une cache d’armes et d’un réseau de kidnappeurs. Les troupes en question savaient-elles qu’elles avaient une chance de libérer le Français ? La version officielle veut que cette libération soit totalement fortuite. Si tel n’est pas le cas, le secret sera de toute façon préservé pour la protection des otages encore en détention.

Le dénouement rocambolesque ajoute aux mystères qui planent sur ce dossier. Comme pour exciter encore les commentateurs, Bernard Planche est arrivé sur la base aérienne d’Orléans-Bricy pour y être directement débriefé par les hommes de la DGSE, installés à deux pas de là. Il n’a pas eu droit à une escale médiatique en région parisienne comme cela avait été le cas pour les journalistes enlevés en Irak.

Un tel traitement renforce-t-il les rumeurs d’une appartenance de l’intéressé à un service de renseignement français, le nom de la direction du renseignement militaire (DRM, dépendant du ministère de la Défense) ayant été évoqué avec insistance ? L’hypothèse est rejetée par les représentants de deux d’entre eux. « A ma connaissance, affirme le premier, la DRM n’a pas recours à ce type de méthodes et n’emploie pas d’agents clandestins. Quant aux autres services, ils n’ont pas l’habitude d’employer des hommes sans protection, sans grande expérience et vivant sous une couverture grossière dans des quartiers à risque. »

Un autre spécialiste précise que « le véritable danger pour Bernard Planche était que ses ravisseurs apprennent que son ONG travaillait sur des chantiers de reconstruction financés par les Américains. Il s’agissait non d’un agent secret mais d’un homme voulant refaire sa vie, comme on peut en trouver dans tous les secteurs en crise de la planète ».

Deuxième rumeur : ses importantes difficultés financières. Certains analystes voulaient même y voir un possible, et pourtant très hypothétique, mobile des ravisseurs. Le scénario a été très vite abandonné. Quant aux fameuses difficultés, elles sont relativisées par le conseil de Bernard Planche, Me Daniel-Louis Burdeyron, pour qui son client, « calme, réservé et discret », a connu des problèmes mais sans jamais « être à la rue ».


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