lundi 23 octobre 2017

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Un rapprochement franco-britannique dans la défense pour faire des économies

Sébastien Maillard (à Londres) et François d’Alençon, La-croix.com

mercredi 23 juin 2010, sélectionné par Spyworld

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Le plan de rigueur britannique devrait relancer la coopération entre les deux plus grandes armées d’Europe

La défense sera l’un des budgets les plus directement touchée par le plan de rigueur. Une « revue de défense stratégique » (livre blanc) sera conduite d’ici à l’automne pour déterminer le format des forces armées nécessaire dans le futur et les coûts correspondants. Liam Fox, secrétaire à la défense, n’a pas exclu une réduction des effectifs tout en affirmant qu’il n’est pas question de réduire le budget alloué aux 10 000 soldats déployés en Afghanistan.

Des grands programmes d’armement sont dans la ligne de mire, surtout des commandes d’avions de chasse. William Hague, le ministre des affaires étrangères, avertissait récemment : « Quand vous voyez à quel point le ministère de la défense a passé des commandes allant bien au-delà du budget qui devait être disponible, il faut en conclure qu’il n’a pas été aussi bien géré que possible. » Symbole de cet échec, le général Jock Stirrup, chef du personnel militaire, vient d’être mis à la retraite par anticipation, une décision effective d’ici à la fin de l’année.

Seule certitude, la coalition gouvernementale maintient son engagement en faveur de la capacité de dissuasion nucléaire sous-marine (Trident) tout en annonçant la réalisation, d’ici à la fin juillet, d’une étude sur le coût de son remplacement.

La Défense, le plus touché par le plan de rigueur

À terme, les responsables britanniques pourraient souhaiter un renforcement de la coopération avec la France. Les deux pays ont, de loin, les plus importantes armées d’Europe. Une partie de leur armement est similaire, et elles pourraient réaliser en commun des plans ou des commandes.

Un des exemples d’économies les plus évidents vient de Thales, l’entreprise d’armement français, qui travaille actuellement sur des sous-marins français et britanniques très similaires, « faisant payer sa facture des deux côtés de la Manche », souligne une source diplomatique.

Des projets communs sont aussi envisagés dans le domaine des drones, des missiles ou des satellites.

Concrétiser des projets

Cette coopération franco-britannique, lancée avec les accords dits de Saint-Malo en 1998, s’est longtemps heurtée à l’hésitation des états-majors, particulièrement du côté britannique. L’idée a aussi subi un revers dans le dossier des porte-avions : le projet réalisé par Thales pour le compte des Britanniques avait été adapté pour la France… avant que celle-ci n’abandonne la construction, faute d’argent.

La crise économique et les déficits publics de part et d’autre de la Manche sont cependant considérés comme l’occasion de relancer la coopération. « C’est l’occasion d’embrayer », estime un diplomate français. Selon lui, il faut que les programmes communs se mettent en place, parallèlement à la préparation du livre blanc britannique. « Après, cela risque d’être trop tard. »

Les conservateurs au pouvoir se sont déclarés très favorables à une coopération avec la France dans le domaine de la défense. David Cameron et Nicolas Sarkozy s’en étaient entretenus en mars, avant l’élection britannique. Reste maintenant à concrétiser ces projets.


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