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Le budget de la Défense sera réduit de 3,5 milliards d’euros en trois ans

Nouvelobs.com

samedi 3 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

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Les coupes budgétaires du ministère ne devraient pas concerner les emplois et le calendrier de commandes des "gros contrats" de construction militaire.

La contribution du ministère de la Défense à la réduction des déficits publics s’élèvera à 3,5 milliards d’euros en trois ans, de 2011 à 2013, d’après les indications jeudi 1er juillet d’une source proche du dossier. Ceci représenterait un peu moins de 4% du budget du ministère, hors pensions.

La lutte contre le déficit public

Ces coupes budgétaires devraient toutefois être partiellement compensées par près de 2 milliards d’euros de "recettes exceptionnelles" financées par la vente d’actifs immobiliers et de fréquences. Cependant, cette même source reconnaît que des "aléas" peuvent encore affecter ces ventes déjà reportées dans le passé.

Le solde négatif s’élèverait ainsi in fine à 1,5 milliard d’euros contre 5 milliards si la Défense s’était vu appliquer à la lettre le gel des dépenses de l’Etat décrété par Matignon, un régime présenté comme "dérogatoire".

Dès la fin mai, le ministre de la Défense, Hervé Morin, avait prévenu que les armées devraient participer à la lutte contre les déficits publics. "La lutte contre les déficits et le maintien de l’outil de défense, c’est le même combat", avait-il affirmé.

La réduction du budget de la Défense, selon la même source, sera "sans effet" sur les effectifs, déjà amputés de 54.000 postes au cours de la période 2009-2014.

Commandes militaires

Les calendriers de production et de livraison ainsi que le volume de commandes des "grands contrats" ne seront pas affectés par cette coupe budgétaire. Ainsi, l’avion de combat Rafale, les frégates européennes multimissions (FREMM), le nouveau véhicule blindé de combat de l’armée de terre (VBCI), les sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda ou de l’équipement des "fantassins du futur" (Felin) ne verront pas leur commandes annulées.

En revanche, "les paiements d’accomptes" liés à ces programmes seront "rééchelonnés", partant du principe que leurs constructeurs ont vu leur trésorerie abondée en 2009 par le plan de relance de l’économie.

D’autres programmes qui n’ont pas encore fait l’objet de contrats en bonne et due forme seront reportés. On évoque la rénovation de Mirage 2000D et certaines composantes de Scorpion, un programme de modernisation de l’armée de terre.

L’Airbus de transport militaire A400M ainsi que la construction du "Pentagone à la française", dans le quartier de Balard (sud de Paris), seront maintenus.

La troisième source d’économies sera recherchée dans les dépenses de fonctionnement du ministère avec un objectif de réduction de 10% en trois ans.

La Défense, relève-t-on cependant, est soumise aux aléas des cours du pétrole et à la délicate renégociation avec la SNCF de la compensation des avantages tarifaires accordés aux militaires. De même source, on rappelle que la loi de programmation militaire 2009-2014 prévoyait un budget de 95 milliards d’euros pour les années 2011 à 2013. Il sera ramené à 30,1 milliards en 2011, 30,5 en 2012 et 31 en 2013, soit près de 91,6 milliards sur l’ensemble de cette période.


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