samedi 21 octobre 2017

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Le patron du SCRS sur le gril

Radio-Canada.ca, avec Presse canadienne et CBC

lundi 5 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

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À Ottawa, le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Richard Fadden, comparaît lundi devant les députés du comité de la sécurité nationale et de la sécurité publique de la Chambre des communes.

Son témoignage n’a pas permis jusqu’ici d’en apprendre davantage sur les opérations de noyautage menées par des gouvernements étrangers auprès de politiciens canadiens qu’il a évoquées lors d’une entrevue diffusée par la CBC, le 21 juin dernier.

M. Fadden avait déclaré que le service canadien de contre-espionnage soupçonnait les ministres de deux gouvernements provinciaux et plusieurs politiciens municipaux de la Colombie-Britannique d’être à la solde de gouvernements étrangers.

Pressé de questions par les députés, le patron du SCRS n’a pas dévoilé davantage de détails à ce sujet. Il a cependant dit que ces remarques, faites « par pur manque d’attention » n’ont jamais compromis la sécurité nationale.

« Je ne suis pas d’accord avec toutes les critiques qui ont été formulées, mais si mes remarques ont perturbé qui que ce soit, je le regrette. Et sachez qu’à l’avenir, je m’abstiendrai de fournir de telles informations », a indiqué M. Fadden.

« Cela dit, je m’en tiens à mon message général sur l’ingérence étrangère, a-t-il ajouté. Il s’agit d’une source de préoccupation et d’une menace, ici et ailleurs, beaucoup plus réelle que bien des gens ne le pensent, et il y a lieu d’en faire état [...] et d’en discuter. »

M. Fadden a expliqué que la CBC avait enregistré un discours qu’il a prononcé en mars devant des policiers et des militaires canadiens qui étaient intéressés par ce genre d’informations. Le diffuseur public l’a ensuite confronté à ce sujet. Il s’est néanmoins dit surpris que ses commentaires aient provoqué un tel tollé.

M. Fadden affirme qu’aucune vie n’est en jeu dans cette affaire et qu’aucun secret national n’a été divulgué à sa connaissance, de sorte qu’il n’a jamais prévenu le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, ou le Bureau du Conseil privé. Le ministre et le bureau sont cependant « de manière générale » au courant de l’ingérence étrangère au pays, selon lui.

Avant que M. Fadden n’entreprenne son témoignage, des membres du comité ont évoqué l’idée que des proches du premier ministre Stephen Harper, dont des responsables au sein du Bureau du Conseil privé, soient aussi appelés à témoigner.

Propos controversés

Les propos de Richard Fadden avaient soulevé un tollé. Si certains ont dit apprécier la candeur du patron du SCRS, plusieurs ont déploré que de telles déclarations jettent le discrédit sur la classe politique.

Les premiers ministres de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et de la Saskatchewan, Gordon Campbell, Dalton McGuinty et Brad Wall, ont d’ailleurs demandé des explications.

M. Fadden n’avait pas voulu identifier les pays soupçonnés d’interférer dans la politique canadienne, ni donner de détails sur les agissements des politiciens considérés « sous influence » ou sur le type d’influence qu’ils subiraient.

Il avait cependant fait référence à une déclaration de l’ancien patron du SCRS, Jim Judd, selon laquelle le service de renseignement consacrait la moitié de son budget à contrer l’espionnage chinois.

« Un certain nombre de pays partent du principe que, s’ils peuvent développer une relation d’influence avec des individus au début de leur carrière, cette relation se poursuivra », avait déclaré M. Fadden avant d’ajouter : « Et avant même de vous en apercevoir, un pays fournit à ces personnes de l’argent. Il y a alors une sorte d’accord secret ».

M. Fadden a tenté de minimiser ses propos par la suite en déclarant en conférence que le SCRS enquêtait sur des menaces d’espionnage depuis déjà plusieurs années. « L’interférence étrangère est un phénomène courant dans plusieurs pays dans le monde, et cela depuis des décennies », a-t-il dit.

M. Fadden a dit qu’il n’avait pas mis le Bureau du Conseil privé au courant des cas mentionnés sur les ondes de la CBC. « En ce moment, le SCRS ne considère pas ces cas comme étant suffisamment préoccupants pour les porter à l’attention des autorités provinciales », avait-il précisé.


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