dimanche 22 octobre 2017

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Espionnage : expulsion des agents russes des Etats-Unis après un accord avec Moscou

AFP

mercredi 14 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

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Les 10 agents secrets qui travaillaient depuis des années pour le renseignement extérieur russe (SVR) ont été expulsés des Etats-Unis, a annoncé jeudi soir à New York la télévision locale NY1, dénouement d’une affaire digne de la Guerre froide. "Tous ceux qui ont admis leur culpabilité vont prendre un bus qui va les conduire vers l’un des aéroports new-yorkais pour un départ vers Moscou", avait déclaré à la presse un des avocats des agents, Richard Baum, peu avant l’annonce de la chaîne de télévision locale new-yorkaise.

Les Etats-Unis avaient annoncé plus tôt jeudi que les 10 espions seraient expulsés des Etats-Unis et échangés avec la Russie contre quatre espions. Moscou a donné son accord pour libérer quatre personnes détenues "pour des contacts présumés avec les services de renseignement occidentaux" en échange de la libération de ces 10 agents détenus aux Etats-Unis depuis le 27 juin, a indiqué jeudi le ministère de la Justice américain.

Peu après l’annonce américaine, une porte-parole de Dmitri Medvedev, citée par les agences russes, a annoncé que le président russe avait gracié quatre de ses ressortissants dont le spécialiste des armements Igor Soutiaguine, ainsi qu’Alexandre Zaporojski, Guennadi Vassilenko et Sergueï Skripal.

Ces personnes avaient adressé au président une demande de grâce dans laquelle ils ont plaidé coupable, selon la même source. Un haut responsable américain a de son côté souligné, sous couvert de l’anonymat, que les quatre personnes "n’avaient eu d’autres choix" que de signer des aveux pour obtenir leur libération. Washington a indiqué que l’échange avait été décidé pour des raisons de "sécurité nationale" et humanitaires, soulignant que la détention des dix agents travaillant pour la Russie ne présentait guère d’intérêt stratégique.

Le département d’Etat a remarqué que parmi les quatre espions devant être libérés par Moscou, certains étaient en "mauvaise santé".

Ce dénouement permet de régler rapidement une affaire qui entravait la relance des relations américano-russes, priorité de M. Medvedev et du président Barack Obama. Selon une source haut placée au Kremlin, cette opération est même devenue possible grâce au "haut niveau de confiance" entre les deux hommes. Pour le haut responsable américain, la manière dont cette affaire a été gérée reflète "les progrès que nous avons faits dans les relations américano-russes". Les 10 agents travaillant pour la Russie ont comparu jeudi devant un tribunal fédéral de New York devant lequel ils ont plaidé coupable, certains avec un léger accent russe mais tous sans interprète, à l’exception de la journaliste américano-péruvienne Vicky Pelaez, qui refuse de parler anglais.

La juge Kimba Wood a ensuite déclaré qu’ils étaient "immédiatement expulsés des Etats-Unis". "Ils acceptent de ne jamais tenter de revenir", a-t-elle ajouté. Des responsables russes les ont rencontrés en prison "pour discuter de la vie qu’ils pourraient avoir à leur arrivée en Russie", a déclaré un procureur à l’audience. Vicky Pelaez se serait ainsi vu proposer "un logement gratuit, des visas pour ses enfants, et 2.000 dollars par mois pour vivre", selon ce même procureur.

Les 10 agents présumés, ainsi qu’un 11ème en fuite, avaient été inculpés "d’avoir comploté comme agents secrets aux Etats-Unis pour le compte de la Fédération de Russie", et neuf d’entre eux étaient également "inculpés de blanchiment". Aucun n’était inculpé d’espionnage, n’ayant pas eu accès à des informations classées secret d’Etat.

Au cours de l’audience, les agents qui avaient de fausses identités ont révélé leur vrais noms : Cynthia et Richard Murphy s’appellent en fait Lydia et Vladimir Gouriev, Donald Howard Heathfield est le nom d’emprunt d’Andreï Bezroukov, Tracey Lee Ann Foley est en fait Elena Vavilova. Juan Lazaro, époux de Vicky Pelaez et premier à avoir admis travailler pour le SVR, s’appelle Mikhaïl Vasenkov. Les vrais noms de Michael Zottoli (Mikhaïl Koutsik), et de Patricia Mills (Natalia Pereverzeva) avaient déjà été révélés par le ministère public, et les trois derniers, Vicky Pelaez, Mikhaïl Semenko et la jeune Russe Anna Chapman, n’avaient pas travesti leurs identités.


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