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La France reçoit ses 1res images de satellites radar allemands et italiens

DGA, Ministère de la Défense

mercredi 14 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

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Entre le 7 et 9 juillet 2010, la France met en service opérationnel les segments sol des satellites d’observation italien Cosmo-SkyMed et allemand SAR Lupe, du centre militaire d’observation par satellites (CMOS) implanté sur la base de Creil.

La direction générale de l’armement (DGA) a acquis et livré à la direction du renseignement militaire (DRM) ces deux segments sol dans le cadre du programme SSO (segment sol d’observation). Ce programme permet à la défense française de disposer d’images prises par différents satellites d’observation optique et radar français, italiens et allemands.

La France a ratifié en 2001 un accord bilatéral franco-italien, dit « accord de Turin », qui porte sur la constitution d’une capacité commune d’observation de la Terre comprenant une composante optique au travers du programme français Hélios (2 satellites) et une composante radar au travers du programme italien Cosmo-SkyMed (4 satellites). Les premiers échanges opérationnels ont débuté le 7 juillet 2010.

Avec l’Allemagne, la France a signé en 2002 les accords de Schwerin qui prévoient un échange d’images optiques Hélios et radar SAR-Lupe (5 satellites) au moyen de segments sol développés de façon coordonnée. Le segment sol français SAR Lupe installé à Creil a été accepté le 8 juillet 2010. De leur côté, les Allemands ont acquis un segment sol Hélios mis en place depuis avril 2010.

Outre les images des satellites Helios, Cosmo-SkyMed et SAR Lupe, le programme SSO prévoit aussi de disposer à partir de 2011 d’images prises par le satellite optique Pléïades, via une convention avec le CNES. Afin de fédérer l’accès aux différents systèmes spatiaux, la DGA doit également mettre en service un portail unique appelé Pharos. Il permettra dès le printemps 2011 de programmer les prises de vue des différents satellites et de diffuser leurs images depuis et vers des cellules de renseignement installées en métropole et sur les théâtres d’opération.

Un contexte propice aux échanges

Les forces françaises disposent depuis 1995 d’une capacité d’observation dans le domaine visible grâce à ses satellites optiques à très haute résolution Hélios. En complément de cette capacité, la France a décidé d’accéder à l’observation radar (imagerie SAR) qui permet, en s’affranchissant des conditions météorologiques (un satellite optique ne peut pas prendre d’images à travers une couche nuageuse) et d’éclairement solaire, d’apporter un renseignement dans des délais parfaitement connus et maîtrisés.

Avec la mise en avant de la fonction connaissance-anticipation, le Livre blanc a fait ressortir l’intérêt des systèmes de renseignement spatiaux. Par leur couverture mondiale, la répétitivité de leur passage au dessus d’une zone d’intérêt, leur capacité à s’affranchir des contraintes de souveraineté liées aux espaces aériens et des menaces adverses, les satellites d’observation participent à la satisfaction du besoin de la Défense tant pour la prévention des crises qu’en cas de projection de forces. Pour cela, la France a souhaité mettre en place des coopérations européennes au moyen d’accords bilatéraux par échange de droits de programmation entre nations disposant chacune d’une composante.

Musis : le futur programme d’observation

Le futur programme d’observation spatial Musis (Multinational space based imaging system) est un programme en coopération entre l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, la Grèce et l’Italie. Il a pour objectif la réalisation d’un système spatial d’imagerie à des fins de défense et de sécurité, en relève des systèmes français Hélios 2, iltalien Cosmo-SkyMed et allemand SAR Lup.

Les 4 composantes spatiales, comprenant les satellites et leurs segments sol, feront l’objet de programmes nationaux ou en coopération :

- un programme « défense » sous leadership français en coopération avec la Belgique, l’Espagne et la Grèce, voire l’Italie, pour la composante optique visible et infrarouge très résolue, dont la conception a été entreprise en 2008, un programme espagnol dual (civil et militaire) pour la composante optique champ large,
- un programme « défense » allemand pour une composante radar très haute résolution,
- un programme italien dual (civil et militaire), ouvert à la coopération, pour une seconde composante radar haute et très haute résolution.

Enfin, une fédération devra assurer l’interopérabilité entre ces composantes.

La lettre d’intention (LoI) portant sur la réalisation de Musis a été signée le 10 novembre 2008. L’Agence européenne de défense (AED) est étroitement associée au projet, notamment pour assurer le lien avec l’Union européenne dans le cadre de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD).


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