dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > L’académie des espions ouvrira à Paris en septembre

L’académie des espions ouvrira à Paris en septembre

Jean Guisnel, Le Point.fr

lundi 19 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Annoncée ce matin au Journal officiel, qui a publié un décret du 13 juillet, l’académie du renseignement français est désormais officiellement créée. Cette création vient parachever la réforme du renseignement français lancée au printemps 2008. Celle-ci a notamment été marquée par la fusion des RG (Renseignements généraux) et de la DST (Direction de la surveillance du territoire) au sein de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) et la création d’un Conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN) à l’Élysée. Elle avait également vu la création d’un poste de coordonnateur du renseignement, animateur du CNR (Conseil national du renseignement), installé auprès du président de la République à l’Élysée. Le CNR est présidé en personne par Nicolas Sarkozy. Le coordonnateur a pour fonction de faire "travailler ensemble" les six services de renseignement d’État français, à savoir la DCRI, qui dépend du ministère de l’Intérieur, les deux services du ministère de l’Économie et du Budget, la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) et TRACFIN (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), ainsi que les trois services dépendant du ministère de la Défense : la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense), la DRM (Direction du renseignement militaire), et les services secrets, la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure).

Quatre-vingt-cinq premiers stagiaires

Ces six services composant la communauté française du renseignement vont désormais former ensemble leurs cadres de niveau intermédiaire et de haut niveau - donc hors formations initiales et techniques spécifiques - au sein de cette académie du renseignement qui "concourt à la formation du personnel des services de renseignement" de même qu’au "renforcement des liens au sein de la communauté française du renseignement ainsi qu’à la diffusion de la culture du renseignement".

Concrètement, les 85 premiers stagiaires (cadres intermédiaires) participant à la formation commune initiale se retrouveront en septembre prochain, mais pas dans les locaux définitifs de l’académie, qui ont été choisis mais nécessitent d’importants travaux de mise à niveau. La formation des stagiaires de haut niveau ne démarrera qu’en septembre 2011. L’académie ne disposera à terme (janvier 2012) que de douze personnels affectés. Le corps enseignant sera composé d’intervenants extérieurs, et nous prévenons les candidats : comme il se doit, les recrutements ont commencé, et les réseaux sont actifs... Sont actuellement concernés des retraités des services, des universitaires et quelques électrons libres. La future directrice de l’académie pourrait être Lucile Dromer-North, ancienne directrice adjointe de l’Ena. Elle a conduit depuis plusieurs mois la mission de préfiguration de l’académie, qui a pris fin avec la publication du décret. Il faudra maintenant attendre que la procédure de "vacance" du poste soit officielle, et que les candidats se présentent. Formalité pour Mme Dromer-North ? Sans doute, mais formalité quand même. Et, dans la République sarkozienne, on peut être nommé à midi, et affecté ailleurs à 20 heures. Cela s’est vu...

L’académie ne coûtera pas un centime supplémentaire à l’État, car elle fonctionnera avec des budgets précédemment affectés aux services de renseignement (CIR - Comité interministériel du renseignement) et redéployés. Selon une source informée, ce budget sera de 900.000 euros (hors salaires, mais y compris les travaux) la première année, "un peu moins" la deuxième année, et un retour à "moins d’un million d’euros" en vitesse de croisière à partir de 2012.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :