jeudi 14 décembre 2017

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Europe/Défense - Des projets menacés par la rigueur

Reuters

lundi 19 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

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Les gouvernements européens ont prévu de réduire les budgets consacrés à la Défense de plusieurs dizaines de milliards d’euros, ce qui pourrait remettre en cause de nombreux projets importants.

Ci-dessous figure une liste de projets dont les analystes estiment qu’ils pourraient être affectés.

EN FRANCE :

Avec l’Italie, la France a décidé de réduire ses achats de frégates multi-missions Fremm produites par DCNS/Armaris et Fincantieri.

Selon une source proche du dossier, la France envisage d’économiser 3,5 milliards d’euros sur le budget de la Défense entre 2011 et 2013.

La source précise néanmoins que ces économies n’affecteraient pas les contrats importants ou ceux impliquant des avions Rafale de Dassault , des frégates Fremm, des véhicules blindés de combat d’infanterie (VBCI), des sous-marins Barracuda, des systèmes Felin ou du programme français de l’avion de transport militaire A400M d’Airbus .

ALLEMAGNE

Le ministère de la Défense cherche à économiser jusqu’à 9,3 milliards d’euros sur les projets d’achats de matériels. Les réductions de budget seront finalisées cet automne.

Un premier rapport a recommandé des réductions importantes sur les commandes d’hélicoptères de transport NH90 et d’hélicoptères de combat Tigre fabriqués par EADS. Berlin s’est d’ailleurs plaint des délais et des problèmes de performance rencontrés par les deux appareils.

L’Allemagne pourrait également abandonner l’acquisition de la dernière tranche de 37 avions Eurofighters ou revendre les appareils. Berlin pourrait aussi abandonner l’achat du drone d’EADS, Talarion.

Les commandes allemandes d’A400M pourraient être ramenées de 60 à 53 avions, ont dit des négociateurs. Cette réduction, comme celle de 25 à 22 appareils de la part de la Grande-Bretagne, a toutefois été instaurée dans le cadre du mécanisme visant à financer la hausse du coût du développement de l’A400M.

L’Allemagne pourrait en revanche suivre les recommandations lui conseillant de s’en tenir à son projet d’acheter le système de défense antimissile MEADS, développé par un consortium comprenant Lockheed Martin , EADS, BAE Systems et Finmeccanica pour remplacer son système Patriot.

GRANDE-BRETAGNE

Le ministère de la Défense a averti que tous les programmes d’achats de matériels seraient passés au crible alors que Londres entend réduire son budget en matière de défense de 36,9 milliards de livres (44 milliards d’euros).

Les projets qui seront ainsi examinés sont :

- Les avions de combat Eurofighter Typhon, fabriqués par BAE Systems avec Finmeccanica et EADS. Si Londres a commandé 160 appareils, les analystes estiment que la Grande-Bretagne pourrait renoncer à son projet d’acquisition de 48 appareils supplémentaires.

- La Grande-Bretagne a déjà réduit ses commandes d’A400M de 25 à 22 appareils, mais la plupart des analystes pensent que Londres conservera la majeure partie de ses commandes étant donné l’urgence des besoins du pays dans le remplacement de ce type d’appareils pour soutenir ses opérations à l’étranger.

- Les commandes passées à Lockheed Martin pour des avions de combat F-35 Joint Strike Fighter, à la fabrication desquels participent les britanniques BAE et Rolls Royce , pourraient être remises en cause.

- Londres pourrait également opter pour l’achat d’un seul nouveau porte-avion au lieu de deux comme prévu, dans le cadre d’un projet impliquant BAE, Babcock International et Thales , même si des contrats ont déjà été passés représentant 40% du coût de l’équipement et du matériel nécessaire aux navires.

Une autre option consisterait à réduire le nombre de Joint Strike Fighters pour les porte-avions.

Certains analystes estiment que dans le cadre d’un changement radical, la Grande-Bretagne pourrait décider d’acheter moins cher l’avion Rafale produit par Dassault, en concurrence féroce avec Eurofighter.

Une autre alternative au Joint Strike Fighter serait la mise à niveau de la flotte d’avions Harrier.

Les analystes pensent que les Pays-Bas, l’Italie, et la Norvège réfléchiraient également à une réduction de leurs commandes de Joint Strike Fighter.

- Le gouvernement britannique pourrait en outre choisir de réduire de quatre à trois sa flotte de sous-marins nucléaires Trident ou de prolonger l’espérance de vie de sa flotte actuelle.

- La Grande-Bretagne devra aussi décider si elle commande de nouveaux véhicules blindés produits par General Dynamics , après avoir signé un contrat de 500 millions de livres pour une première tranche de véhicules.

OTAN

Les doutes se sont accrus sur la pérennité de la plus importante acquisition collective de l’OTAN, le projet de 1,3 milliard d’euros Alliance Ground Surveillance qui concerne des drones, après le dernier retrait en date à savoir celui du Danemark. La firme américaine Northrop Grumman ISS International est le principal acteur du projet, avec le pôle allemand d’EADS, l’italien Galileo Avionica, filiale de Finmeccanica, et la division canadienne de General Dynamics.

(David Brunnstrom, Tim Hepher, Sabine Siebold, Adrian Croft, Mohammed Abbas, Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic)


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