dimanche 22 octobre 2017

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Russie : les pouvoirs de l’ex-KGB élargis

AFP

lundi 19 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

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La chambre haute du Parlement russe a voté aujourd’hui une loi élargissant les pouvoirs des services chargés de la sécurité intérieure (FSB, issu de l’ex-KGB) vertement critiquée par les défenseurs des droits de l’homme, ont rapporté les agences russes.

Le texte, qui permet à ces services d’adresser des "avertissements" à toute personne soupçonnée de "créer les conditions de la perpétration d’un crime", a été approuvé par 121 sénateurs et un s’est prononcé contre. Le président du Conseil de la Fédération Sergueï Mironov, le leader du parti Russie juste (centre gauche) pourtant proche du Kremlin, a déclaré qu’il avait voté contre, critiquant des "formulations floues" permettant une libre interprétation aux services de sécurité.

En vertu de cette loi, toute personne ou entreprise qui gênerait le travail d’un agent du FSB pourrait faire l’objet de poursuites, d’amendes de 500 à 50.000 roubles (13 à 1.300 euros) ou d’un placement en détention allant jusqu’à 15 jours.

Les libéraux et les défenseurs des droits de l’homme craignent que cette loi n’encourage les détentions arbitraires, comme c’était le cas avec le KGB à l’époque soviétique.

"Nous allons protester contre cette loi qui viole nos droits constitutionnels", a déclaré la président du groupe Helsinki Lioudmila Alexeïeva citée par l’agence Interfax. "Cette loi est un coup porté à la société civile pour la rendre plus servile", a pour sa part estimé Lev Ponomarev, de l’ONG Pour les droits de l’homme. Les principales ONG de la défense des droits de l’homme ont appelé le président russe Dmitri Medvedev, qui s’affiche volontiers en dirigeant plus libéral que le Premier ministre Vladimir Poutine, à ne pas promulguer cette loi.

Mais M. Medvedev a déjà souligné que le texte avait été préparé sur son "ordre direct".

Pour Boris Nemtsov, opposant libéral et ancien vice-Premier ministre "la loi est dirigée contre l’opposition".

"Cette une loi draconienne qui n’a pas de précédent dans le monde et qui rappelle notre passé répressif", a-t-il déclaré à l’agence Interfax.


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