lundi 23 octobre 2017

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La France impliquée dans un raid antiterroriste au Mali

Le Monde, avec AFP et Reuters

samedi 24 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

La France a confirmé, vendredi 23 juillet, avoir apporté son soutien à une "opération antiterroriste" mauritanienne destinée à prévenir une attaque du réseau Al-Qaida au Maghreb islamique. Des responsables maliens avaient fait état, jeudi, d’une opération impliquant des avions menée dans la nuit de mercredi à jeudi dans le nord du Mali, un secteur frontalier où serait retenu en otage un ressortissant français, Michel Germaneau, 78 ans, enlevé le 19 avril au Niger.

Ingénieur retraité originaire de Marcoussis, en région parisienne, Michel Germaneau était parti au Niger pour le compte d’une association humanitaire spécialisée dans l’éducation et la santé, Enmilal ("entraide", en touareg).

Dans un communiqué, le ministère de la défense français confirme que "des moyens militaires français ont apporté un soutien technique et logistique à une opération mauritanienne destinée à prévenir une attaque d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) contre la Mauritanie". Ce soutien "rentre dans le cadre de l’appui que la France apporte aux pays de la région engagés dans la lutte contre le terrorisme", précise le texte.

LE PRÉSIDENT MALIEN RENTRE À BAMAKO

Six membres d’AQMI ont été tués lors de ce raid et quatre "ont pris la fuite", a déclaré vendredi le ministre de l’intérieur mauritanien, Mohamed Ould Boilil. Selon lui, l’opération n’avait pas pour but de libérer Michel Germaneau. Interrogé sur cette opération, Nicolas Sarkozy s’est refusé à tout commentaire.

Le président malien, Amadou Toumani Touré, a quitté vendredi N’Djamena avant la fin du sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens, sans doute pour y discuter de l’opération avec de hauts responsables de la sécurité mauritanienne qui se trouvaient vendredi à Bamako.

L’OTAGE FRANÇAIS "PAS VU SUR PLACE"

Le groupe terroriste visé par l’armée mauritanienne "est celui qui a exécuté l’otage britannique voici un an et qui refuse de donner des preuves de vie et d’engager le dialogue en vue de la libération de notre compatriote Michel Germaneau", dit encore le ministère.

Aucune précision n’a en revanche été apportée sur la tentative manquée des forces spéciales françaises pour libérer l’otage Michel Germaneau, évoquée jeudi par plusieurs sites Internet de quotidiens espagnols, dont El Pais. Selon eux, "les forces spéciales françaises ont échoué" dans leur tentative de le libérer par la force.

"Ce que je sais, c’est que ce sont les Mauritaniens qui sont allés dans le Sahara, là où était censé être détenu l’otage français. Il semble qu’ils seraient allés chercher l’otage français mais qu’ils ne l’auraient pas vu sur place", a indiqué un médiateur malien impliqué dans de nombreuses libérations d’otages européens dans la région.

LE QUAI D’ORSAY NE COMMENTE PAS

"Je ne dispose d’aucun élément me permettant de commenter les informations de sites Internet espagnols", avait déclaré jeudi le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero : "Depuis le début, nous sommes pleinement mobilisés pour faire libérer notre compatriote. Nous sommes aussi très préoccupés parce que nous n’avons pas reçu de demandes à ce jour des ravisseurs et que nous avons mené des efforts inlassables pour établir un contact auquel ces ravisseurs se sont refusés jusqu’à présent."

La branche maghrébine d’Al-Qaida a récemment menacé de tuer Michel Germaneau si elle n’obtenait pas avant le 26 juillet la libération de plusieurs de ses membres détenus dans des pays de la région. AQMI séquestre également dans le nord du Mali deux Espagnols enlevés il y a presque huit mois en Mauritanie, Albert Vilalta, 35 ans, et Roque Pascual, 50 ans.

"Les deux coopérants espagnols vont bien", a indiqué vendredi Maria Teresa Fernandez de la Vega, la numéro deux du gouvernement espagnol, ajoutant que "le gouvernement espagnol continuait à travailler jour après jour" à leur libération. "Leurs ravisseurs ne sont pas les mêmes que ceux du citoyen français" Michel Germaneau, a-t-elle ajouté.


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