mardi 17 octobre 2017

Accueil du site > Terrorisme > France > Paris justifie son intervention au Sahel pour libérer Germaneau

Paris justifie son intervention au Sahel pour libérer Germaneau

Le Monde, avec AFP

lundi 26 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Le chef de l’Etat a confirmé, au cours d’une intervention télévisée lundi 26 juillet , la mort au Sahel de Michel Germaneau, revendiquée dimanche 25 juillet par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Le président de la République a dénoncé un "acte barbare, odieux", le qualifiant d’"assassinat programmé", à l’issue d’un "conseil restreint de défense et de sécurité", en présence du premier ministre, François Fillon, des ministres Bernard Kouchner (affaires étrangères) et Brice Hortefeux (intérieur), ainsi que des responsables de la défense et des services du renseignement.

"Cette mort dans des conditions tragiques illustre que nous avons affaire à des gens qui n’ont aucun respect de la vie humaine. Ils ont assassiné de sang-froid une personne de 78 ans, malade, à qui ils ont refusé de fournir les médicaments dont il avait besoin, a souligné le président. C’était un homme de bien, je veux dire ma tristesse à sa famille."

"Depuis l’enlèvement de Michel Germaneau, tous les moyens étaient mobilisés pour tenter de le libérer." Paris avait le "devoir" de mener le raid au Mali pour tenter de sauver Michel Germaneau, a expliqué M. Sarkozy. "Le camp de base qui a été détruit était susceptible d’être le lieu de détention de Michel Germaneau. Malheureusement Michel Germaneau ne s’y trouvait pas. Aujourd’hui il est mort", a annoncé le président, qui demande "instamment" aux ressortissants français de renoncer à se rendre au Sahel.

Souffrant de problèmes cardiaques, M. Germaneau n’avait plus de médicaments depuis la fin juin. Le 12 juillet, M. Sarkozy avait fait part de sa "brûlante inquiétude" à son sujet. La veille, AQMI avait publié un message à l’attention de la France dans lequel le groupe menaçait de tuer l’otage sous quinze jours si Paris ne répondait pas à ses exigences.

PAS DE REVENDICATIONS PRÉCISES

Mais selon le président français, cet "ultimatum" n’avait "jamais été précédé du moindre début de dialogue avec des autorités françaises", à l’inverse de ce qui s’était produit lors de l’enlèvement d’un autre Français dans la région, Pierre Camatte. Ce dernier avait été détenu près de trois mois dans le désert malien par un groupe d’AQMI, avant d’être relâché en février dernier, en échange de la libération de quatre islamistes détenus au Mali.

Le ministre français de la défense, Hervé Morin, a confirmé lundi sur France Inter que Paris n’avait pas pu avoir "la moindre discussion" avec les ravisseurs de Michel Germaneau. "Nous n’avons jamais eu de revendications précises", a-t-il indiqué. M. Morin est revenu sur la tentative de libération de l’otage la semaine dernière avec l’armée mauritanienne, "une décision collective qui engage le président de la République et le gouvernement dans son ensemble". Nicolas Sarkozy a évoqué lundi une "action préventive".

"Les Mauritaniens étaient informés d’une attaque d’environ 150 combattants d’Al-Qaida qui se regroupaient au Mali (...). Dans le cadre de cette action préventive, nous avions décidé d’apporter notre concours, sur une partie de leur opération, qui était d’intervenir sur un camp. On pouvait avoir l’espoir que Michel Germaneau soit dans ce camp, compte tenu de son caractère stratégique".

"Nous sommes face à un groupe, une phalange, totalement déterminée, menant une guerre sainte et qui avait refusé par des moyens directs ou indirects d’engager tout dialogue avec nous", a ajouté Hervé Morin. Il a évoqué un groupe de "150 hommes il y a quelques années", "qui aujourd’hui représente 450 à 500 hommes, qui sont disséminés sur toute la bande sahélienne et qui sont actifs et déterminés pour faire la guerre contre l’Occident". Actuellement en déplacement officiel en Asie, le ministre de la défense a décidé d’écourter son séjour, annulant l’étape prévue en Indonésie.

Se disant plus que jamais déterminé "à lutter contre le terrorisme", le chef de l’Etat assure que "le crime commis contre Michel Germaneau ne restera pas impuni". Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, se rendra dès lundi soir au Mali, au Niger et en Mauritanie.

Le maire socialiste de Marcoussis (Essonne), où résidait Michel Germaneau, s’est interrogé sur les "zones d’ombre" entourant l’exécution de l’otage. La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a pour sa part estimé que "les conditions effroyables de la détention et de l’exécution" de Michel Germaneau "devront être éclaircies".

Trois Français otages à l’étranger

Trois Français sont actuellement retenus comme otages à l’étranger. Depuis le 14 juillet 2009, un agent des services du renseignement français, Denis Allex, est détenu en Somalie par le mouvement islamiste Shehab. Il se trouve probablement dans la région autonome autoproclamée du Puntland dans le nord du pays.

Depuis le 30 décembre 2009, deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, sont otages en Afghanistan. Les reporteurs, qui travaillent pour le magazine "Pièces à conviction", ont été enlevés avec leurs trois accompagnateurs afghans par des talibans présumés à 60 kilomètres de Kaboul, dans la province montagneuse de Kapisa, zone réputée à risques. - (Avec AFP.)


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :