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Le fondateur de Wikileaks défend la divulgation de milliers de documents confidentiels

TSR.ch

lundi 26 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

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Le fondateur du site Wikileaks a défendu lundi la publication dans la presse de milliers de documents confidentiels ayant notamment trait aux pertes civiles en Afghanistan et qui révèlent, selon lui, de possibles "crimes de guerre" commis par la coalition internationale.

"Il revient à un tribunal de dire clairement si on est en présence ou non d’un crime. Cela dit, à première vue, il semble qu’il y ait des preuves de crimes de guerre dans ces documents", a déclaré Julian Assange lors d’une conférence de presse à Londres, évoquant des "milliers" de cas.

Des rapports classifiés sur les opérations militaires en Afghanistan ont été diffusés par le site Wikileaks et publiés par plusieurs médias lundi.

Pour Julian Assange, ces informations "permettent de comprendre ce qu’a été la guerre au cours des six dernières années" et démontrent que "le cours de la guerre doit changer".

Les Etats-Unis ont aussitôt dénoncé "des fuites irresponsables" susceptibles de "menacer la sécurité nationale" américaine.

"Nous sommes habitués au fait que ceux dont nous dénonçons les abus essaient de (nous) discréditer (...). Nous ne voyons pas autre chose dans la réponse de la Maison Blanche", a réagi Julian Assange.

Interrogé sur la nature des sources invoquées, l’ancien hacker et informaticien australien a répondu : "Nous n’avons aucune raison de douter de la fiabilité de ces documents".

Wikileaks, fondé en décembre 2006, est un site web d’information et d’analyse politique spécialisé dans le renseignement. Il se veut "la première agence de renseignement du peuple" et fait appel à des contributeurs anonymes.

"C’est le rôle du journalisme que de s’en prendre aux puissants et lorsqu’ils sont mis au défi, il y a toujours des réactions", a confié M. Assange au quotidien britannique The Guardian de lundi.

Wikileaks s’est fait connaître en 2009 en publiant des documents internes à la compagnie multinationale Trafigura impliquée dans l’affaire du déversement de produits toxiques en Côte d’Ivoire.

Jusqu’à présent, son principal scoop avait été la publication d’une vidéo en avril dernier montrant une attaque d’hélicoptère Apache à Bagdad en 2007, lors de laquelle une dizaine de civils avaient été tués dont deux employés de l’agence de presse Reuters.

Selon M. Assange, le site fonctionne à partir de serveurs en Suède et en Belgique, deux pays aux législations favorables à la protection des sources. Il emploie une demi-douzaine de volontaires à plein temps et fait appel à des experts, a indiqué de son côté le New York Times.

En mai dernier, M. Assange s’est vu brièvement confisquer son passeport par les autorités australiennes et, selon lui, ses avocats lui ont recommandé en juin de ne pas se rendre aux Etats-Unis.

La Maison Blanche estime que Wikileaks "n’est pas un site d’information objectif mais plutôt une organisation qui s’oppose à la politique américaine en Afghanistan", selon un responsable s’exprimant sous couvert de l’anonymat.

Mais M. Assange estime, dans une interview au New York Times lundi, que ces publications "montrent non seulement les événements graves mais aussi le côté sordide de la guerre, de la mort d’un enfant aux opérations majeures qui tuent des centaines de personnes".


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