mardi 12 décembre 2017

Accueil du site > Terrorisme > France > Paris mesure la difficulté d’une attaque contre Al-Qaida

Paris mesure la difficulté d’une attaque contre Al-Qaida

Thierry Oberlé, le Figaro

mercredi 28 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Bernard Kouchner a effectué une tournée de mobilisation dans les pays du Sahel.

Après l’assassinat de l’otage français Michel Germaneau, Paris relance ses partenaires du Sahel pour lutter contre la branche saharienne d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Bernard Kouchner vient d’achever une tournée dans la région pour resserrer la coopération contre le réseau terroriste.

Le patron du Quai d’Orsay a tout d’abord effectué lundi soir une escale à Nouakchott. « La Mauritanie peut compter sur le soutien de la France dans son combat contre l’extrémisme » a-t-il assuré à l’issue d’un entretien avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

La Mauritanie est, après l’Algérie, le pays riverain le plus engagé dans la traque d’Aqmi. Depuis le putsch de 2008, elle est dirigée par un général parti en guerre, avec la bénédiction des États-Unis et de la France, contre les islamistes radicaux. En mai, la justice a condamné à mort trois membres d’Aqmi impliqués dans le meurtre de quatre touristes français en décembre 2007. Une attaque qui avait provoqué l’abandon du raid Paris-Dakar. Aqmi compte de nombreux jeunes Mauritaniens dans ses rangs et s’est rapprochée de tribus mêlées à la contrebande traditionnelle qui touche la région. Lors des accrochages avec les terroristes, l’armée n’hésite pas à employer son droit de poursuite et pourchasse les colonnes de djihadistes au Mali. C’est surtout sur les troupes mauritaniennes que la France pourrait s’appuyer en cas d’une opération de représailles.

Vigilance renforcée

À Bamako, le ministre des Affaires étrangères a fait le point avec le président Amadou Toumani Touré. Disposant de moyens limités, le Mali n’est pas en mesure d’assurer le contrôle de ses espaces désertiques. Pays avant tout africain, il considère que la montée du salafisme concerne d’abord les musulmans arabes. Mais le pouvoir malien est cependant disposé à faciliter une éventuelle intervention française. Tout comme le Niger, où Areva va renforcer sa vigilance autour des mines d’uranium.

La principale difficulté d’une attaque punitive contre Abou Zeid et ses combattants réside dans la localisation grâce aux écoutes, aux observations satellitaires et au renseignement humain d’un groupe d’une extrême mobilité qui se cache dans les secteurs accidentés, dans des grottes. Seuls des commandos des forces spéciales seraient en mesure de les déloger. Des raids d’aviation sont également envisageables. Mais, en dehors d’une opération ponctuelle, Paris n’a pas les moyens d’une campagne de longue haleine d’éradication des bandes qui sillonnent le Sahel. Leur enracinement dans le Sahara tient en effet à des facteurs complexes. Et seule une coopération régionale entre des États aux intérêts divergents pourrait permettre de venir à bout des extrémistes.

En attendant une éventuelle riposte, François Fillon a réaffirmé lundi la détermination française. « Le combat va se renforcer » a-t-il indiqué sur Europe 1. Selon lui, Michel Germaneau était peut-être mort avant l’échec du raid mauritano-français de jeudi. « Je pense que la vie de l’otage était condamnée depuis le jour où nous avons reçu cet ultimatum du 12 juillet. C’est en raison du caractère anormal, étrange de cet ultimatum, et de ce refus d’engager la discussion avec les autorités françaises, que nous pouvons penser que Michel Germaneau était déjà mort à ce moment-là. Mais ce n’est qu’une supposition », a-t-il expliqué.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :