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USA : l’accès aux informations secrètes doit-il être plus restreint ?

AP

jeudi 29 juillet 2010, sélectionné par Spyworld

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Des responsables et experts du renseignement appellent à restreindre l’accès aux informations militaires après la publication par le site WikiLeaks de quelque 90.000 documents américains sur l’Afghanistan classés secret-défense.

Ils remettent en cause le tournant pris après les attentats du 11 septembre 2001 pour développer l’échange d’informations entre les diverses agences de renseignement. "Franchement, nous savions tous que cela allait arriver", affirme l’ancien directeur de la CIA Michael Hayden.

Les échecs du renseignement dans les attentats du 11-Septembre avaient été attribués à un manque de partage d’informations entre les agences. Mais les changements instaurés pour répondre au problème ont engendré un autre écueil : l’accumulation d’une montagne de données difficiles à exploiter et, comme le montre l’affaire WikiLeaks, à garder confidentielles.

Certains parlementaires craignent toutefois que l’affaire WikiLeaks ne donne un prétexte aux 16 agences de renseignement du pays pour revenir à leurs anciennes pratiques de rétention d’informations jugées "trop sensibles" pour être partagées. "La communauté du renseignement a beaucoup de chemin à faire en matière de partage d’informations", estime le sénateur républicain Kit Bon, membre de la Commission du renseignement du Sénat.

Les soupçons dans l’affaire WikiLeaks se portent sur Bradley Manning, un soldat de 22 ans, actuellement détenu au Koweït et accusé d’avoir diffusé une vidéo secrète sur un incident impliquant un hélicoptère militaire à Bagdad.

Un responsable américain qui a examiné certains des documents divulgué par WikiLeaks a estimé sous le couvert de l’anonymat que Manning aurait pu se les procurer en surfant sur un système Intranet du Pentagone baptisé "SIPRNet" (Secret Internet Protocol Router Network).

Les analystes du renseignement comme Manning et d’autres soldats sur le terrain peuvent avoir accès à des informations militaires en provenance d’Irak ou d’Afghanistan, aux sites du département d’Etat et à certains sites dédiés au renseignement. Le SIPRNet n’est pas nouveau, mais son accès a été élargi depuis le 11 septembre 2001.

Sur le champ de bataille, l’affaire WikiLeaks pourrait causer des réticences à partager l’information. Du sergent sur le terrain rédigeant un rapport après des combats, au superviseur lisant les documents, certains pourraient être tentés de ne pas communiquer certaines informations pour éviter tout risque qu’elles ne soient divulguées.

Les centres de commandement militaires pourraient ainsi avoir du mal à obtenir une évaluation immédiate de la situation sur le champ de bataille, mettent en garde certains responsables. Reste qu’aucun responsable du renseignement ne voudrait être responsable de la rétention d’informations qui pourraient permettre de déjouer un attentat.

Steven Aftergood, un spécialiste du secret d’Etat à la Fédération des scientifiques américains, prédit que les agences chercheront à marquer les archives avec des filigranes pour pouvoir identifier plus facilement leur origine et le responsable de leur éventuelle fuite.


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