vendredi 15 décembre 2017

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Michel Germaneau : l’existence de négociations fait débat

Nouvelobs.com, avec Reuters

lundi 2 août 2010, sélectionné par Spyworld

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L’ultimatum des terroristes n’a "jamais été précédé du moindre début de dialogue", assure Nicolas Sarkozy. Un haut fonctionnaire prétend le contraire, confirmant les déclarations du chef d’Aqmi.

L’Elysée a maintenu, lundi 2 août au matin, la version de la France selon laquelle il n’y a jamais eu de négociations avec Aqmi pendant la détention de l’otage français Michel Germaneau, démentant les affirmations du chef de l’organisation terroriste diffusées dimanche et une information d’un haut fonctionnaire qui s’est confié au Nouvel Observateur la semaine d’avant. Sur le même sujet

Dimanche, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) Abdelmalek Droudkal a affirmé avoir négocié avec Paris pour la libération de l’otage français Michel Germaneau, enlevé le 19 avril dans le nord du Niger et dont l’exécution a été annoncée le 25 juillet, trois jours après un raid franco-mauritanien contre une unité de l’organisation dans le désert malien.

Interrogé lundi matin par l’AFP, l’Elysée n’a pas fait de commentaires sur ces affirmations mais a renvoyé sur les déclarations effectuées par le président, Nicolas Sarkozy, le Premier ministre, François Fillon, et le ministre de la Défense, Hervé Morin. Lorsqu’il était exprimé pour confirmer la mort de l’otage, le 26 juillet, Nicolas Sarkozy avait affirmé que l’ultimatum d’Aqmi n’avait "jamais été précédé du moindre début de dialogue avec des autorités françaises ou locales".

Les déclarations du chef de l’Etat sont toutefois contredites par un haut fonctionnaire, qui affirme qu’il y a bien eu des contacts avec les ravisseurs, raconte le Nouvel Observateur du 29 juillet (article de Farid Aïchoune). Les négociations n’ont simplement pas abouti car, selon cette source, les exigences des terroristes étaient inacceptables pour l’Elysée. A savoir : la libération des deux émirs du Groupe islamique armé (GIA), Boualem Bensaîd et Smain Aït Belkacem, condamnés à perpétuité pour avoir planifié les vagues d’attentats à Paris entre 1995 et 1996, qui avaient fait 8 morts et 200 blessés.

"Jamais eu de revendications précises"

François Fillon avait évoqué un "refus d’engager la discussion avec les autorités françaises" de la part d’Aqmi.

Le ministre de la Défense a donné une version légèrement différente : "Nous n’avons jamais eu de revendications précises. Ils ont même refusé toute discussion pour permettre l’acheminement de médicaments dont Michel Germaneau avait besoin pour ses problèmes cardiaques", avait ajouté le ministre français de la Défense, Hervé Morin.

"Honte à la France et à son président, qui a lancé son raid alors que des négociations étaient en cours", affirme au contraire le chef d’Aqmi dans le message diffusé dimanche par des sites islamistes, et dont des extraits avaient déjà été diffusés le 25 juillet par la chaîne Al-Jazira pour annoncer l’exécution de l’humanitaire français.

Âgé de 78 ans, celui-ci avait été pris en otage en avril dernier au Niger mais Aqmi a annoncé la semaine dernière son exécution en représailles d’un coup de main de militaires français et mauritaniens contre un de ses camps dans l’ouest du Mali.

"Le président français a lancé une lâche opération alors que des négociations étaient en cours pour libérer Michel Germaneau", déclare une voix qui ressemble à celle de Droudkal - également connu sous le nom de guerre d’Abou Mouassab Abdoul-Wadoud - sur cet enregistrement qui n’a pu être authentifié de source indépendante.

"Un assassinat programmé"

Au ministère français des Affaires étrangères, on renvoyait dimanche à l’entretien avec Bernard Kouchner publié samedi dans Le Parisien, dans lequel le ministre déclare : "Nous n’avons jamais été optimistes. Aucune de nos tentatives de dialogue n’a abouti", et ajoute : "Nous étions face à des gens déterminés à assassiner Michel Germaneau."

Le président Nicolas Sarkozy a promis que la mort de Michel Germaneau, dont le corps n’a pas été retrouvé, ne resterait "pas impunie" et le Premier ministre François Fillon a déclaré que la France était en guerre avec Aqmi.

Aqmi avait donné à la France jusqu’au 26 juillet pour satisfaire ses revendications sur la libération de prisonniers islamistes. L’annonce de l’exécution de Michel Germaneau a été faite la veille de cette échéance, juste après l’échec de l’opération franco-mauritanienne censée le libérer.

Le président Sarkozy a parlé d’"un assassinat programmé".


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