mardi 12 décembre 2017

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Al-Qaida a perdu des batailles mais pas la guerre

Thomas Vampouille, le Figaro

vendredi 6 août 2010, sélectionné par Spyworld

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Le rapport annuel de la diplomatie américaine sur le terrorisme fait le bilan d’une année 2009 difficile pour al-Qaida, tout en alertant sur une menace plus « diffuse » du réseau djihadiste, qui recrute désormais en Occident.

Bonne nouvelle sur le front du terrorisme : en 2009, al-Qaida a subi d’importants revers, selon la diplomatie américaine. Dans son rapport annuel sur le terrorisme publié jeudi, le département d’État américain note que l’organisation a été perturbée par les opérations de l’armée pakistanaise dans les régions tribales du nord-ouest du pays et que plusieurs de ses dirigeants ont été éliminés.

Première conséquence de ces revers essuyés par l’organisation djihadiste, « il lui est devenu plus difficile de lever des fonds, d’entraîner des recrues et de préparer des attentats en dehors de la région ». Al-Qaida subirait par ailleurs les effets négatifs de ses attentats aveugles, qui touchent la population civile. Ainsi, le ministère constate une « désaffection » croissante pour le réseau dans les pays musulmans, où « le nombre de responsables religieux et d’anciens militants qui prennent position contre l’organisation s’est accru ».

Diversité, mobilité et polyvalence des recrues

Mais al-Quaida n’est pas encore à terre, avertit le département d’État. Le rapport note même que sa menace est « devenue plus diffuse qu’au cours des années précédentes, ce qui a partiellement compensé les pertes subies » par le noyau du réseau. Ainsi, al-Qaida a continué à persuader des gens d’adopter sa cause, et ce jusqu’aux États-Unis. Cinq Américains ont été arrêtés au Pakistan alors qu’ils étaient soupçonnés de liens terroristes, rappelle le document, alors que sa publication intervient le jour même de l’annonce de l’arrestation aux États-Unis de 14 Américains soupçonnés d’avoir aidé les insurgés somaliens affiliés à al-Qaida.

Des Américains sont même devenus des hérauts de « l’extrémisme violent », selon le rapport, qui cite Anwar al-Aulaqi, l’imam radical américano-yéménite « devenu une voix influente de l’islamisme radical auprès des extrémistes de langue anglaise ». Un autre Américain, Omar Hammami, est également devenu un des principaux propagandistes des islamistes somaliens, les Shebab, responsables d’attaques meurtrières à Kampala en juillet dernier.

Ces actions « révèlent la diversité, la mobilité et la polyvalence de recrues spontanées que des organisations peuvent choisir pour remplir des objectifs stratégiques », analyse le rapport. « Les organisations peuvent fixer ces objectifs, mais les ressources pour l’entraînement et les recrues elles-mêmes sont toujours plus mobiles et interchangeables », s’inquiète l’administration de la secrétaire d’État Hillary Clinton. Plusieurs tentatives d’actions contre les États-Unis, notamment celle lancée à Noël par un Nigérian contre un vol Amsterdam-Detroit, montrent d’ailleurs bien que le réseau terroriste n’a rien perdu de sa capacité de nuisance.


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