mercredi 18 octobre 2017

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L’Allemagne règle en douceur le cas d’un agent présumé du Mossad

Richard Heister, AFP

samedi 14 août 2010, sélectionné par Spyworld

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La justice allemande a remis en liberté vendredi un agent présumé du Mossad soupçonné d’implication dans l’assassinat d’un chef du Hamas palestinien à Dubaï, réglant en douceur un dossier qui risquait de tendre les relations avec Israël.

Extradé jeudi de Pologne, l’Israélien, connu sous le nom de Uri Brodsky, a été libéré contre le versement "d’une caution d’un montant approprié", a indiqué à l’AFP le procureur et porte-parole du parquet de Cologne (ouest) Rainer Wolf, sans préciser la somme.

"Le mandat de dépôt pour falsification de document a été levé d’un commun accord entre le tribunal d’instance et le parquet", a-t-il ajouté.

Le suspect est poursuivi pour obtention illégale d’un passeport allemand au nom de "Michael Bodenheimer", à Cologne, le parquet de la ville avait donc été saisi du dossier.

Ce passeport est l’un des 26 passeports étrangers qui ont servi au commando responsable de l’assassinat de Mahmoud al-Mabhouh, un fondateur de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, retrouvé mort le 20 janvier dans un hôtel de Dubaï. L’Australie, la Grande-Bretagne, et l’Irlande ont expulsé des diplomates israéliens pour protester contre l’utilisation de leurs passeports dans cette opération.

La police de Dubaï impute à Israël la responsabilité du meurtre et les médias israéliens soutiennent cette thèse mais le gouvernement israélien a nié.

Uri Brodsky, qui n’encourt qu’une amende, est ainsi libre de quitter l’Allemagne et son cas pourra être réglé sans qu’il comparaisse, le montant de l’amende à verser pouvant être prélevé sur la somme déjà payée pour la caution, a expliqué M. Wolf.

L’Israélien, bien que soupçonné par l’Allemagne d’espionnage, ne peut en effet être poursuivi dans ce pays pour ce chef d’inculpation. La Pologne, où il a été arrêté le 4 juin à l’aéroport de Varsovie en vertu d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Allemagne, n’a en effet retenu pour son extradition que la falsification de documents, ce qui exclut des poursuites en Allemagne pour espionnage, selon le parquet général fédéral allemand.

Le procès d’un espion israélien présumé en Allemagne aurait sensiblement compliqué les relations germano-israéliennes. L’Allemagne, dont le régime nazi a tué des millions de juifs, est considérée aujourd’hui comme l’allié le plus proche d’Israël après les Etats-Unis.

L’affaire Uri Brodsky était "délicate", avait reconnu le Premier ministre polonais Donald Tusk peu après l’arrestation du suspect, en souhaitant qu’elle ne nuise pas aux relations de Varsovie avec Israël et l’Allemagne.

Deux ministres israéliens avaient aussitôt pressé Varsovie de renvoyer l’espion présumé directement en Israël et de ne pas le livrer à l’Allemagne.

Et à Berlin, le dossier avait été discuté en plus haut lieu à la chancellerie d’Angela Merkel avec les services secrets allemands.

En théorie, si Uri Brodsky revenait en Allemagne ou dans un autre pays de l’Union européenne, il pourrait de nouveau être interpellé pour espionnage, a souligné le procureur allemand. Mais la probabilité d’un tel retour semble ténue.


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