vendredi 20 octobre 2017

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Harfang : un atout indéniable pour l’armée de l’air

Ministère de la Défense

jeudi 2 septembre 2010, sélectionné par Spyworld

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Changement de cap pour les drones de l’armée de l’air. L’escadron de drones 1/33 « Adour », implanté sur la base aérienne 709 à Cognac, passe sous l’autorité organique de la brigade de chasse du commandement des forces aériennes (CFA) le 2 septembre 2010. Présidé par le général Herbert Buaillon, directeur des ressources humaines de l’armée de l’air, une cérémonie de transfert de commandement s’est déroulée en début d’après-midi marquant le baptême de l’escadron d’expérimentation 1/33 « Adour » en escadron de drones « Belfort ». Retour sur l’aventure du drone au sein de l’armée de l’air.

Le drone Harfang, pourquoi il séduit ?

Le système intérimaire de drones Male (moyenne altitude et longue endurance), baptisé Harfang de l’escadron d’expérimentation « Adour », a suscité l’intérêt, lors des trois jours de présentation commune des matériels et systèmes d’armes des armées de l’air et de terre sur la base aérienne de Reims, du 2 au 4 octobre 2007. Cet avion automatisé a séduit le ministre de la Défense Hervé Morin, les généraux Abrial et Cuche, chefs respectifs des armées de l’air et de terre, ainsi que les auditeurs de l’institut des hautes études de la Défense nationale. « Cet outil fournit une plus-value incontestable dans le domaine des opérations modernes », souligne le lieutenant-colonel Carcy à cette occasion. L’atout indéniable du drone : la possibilité offerte d’occuper le ciel en permanence. Aujourd’hui, les drones font leur apparition sur la majorité des théâtres d’opérations.

En France, l’armée de l’air fait figure de pionnière dans ce domaine.« Nous sommes les seuls en France à disposer de Male », a annoncé en 2008 le colonel Jean-François Ferlet, du bureau plans de l’état-major de l’armée de l’air de Paris. L’armée de l’air a acheté un seul système qui se compose de trois véhicules aériens embarquant de nombreux capteurs, et de deux stations de contrôle au sol. Les drones complètent ainsi la panoplie des systèmes spécialisés de recueil de renseignement : Mirage F1CR, Transall Gabriel, E3F, Satellite Hélios, etc.

Trois drones Harfang sont actuellement en service au sein de l’armée de l’air. Stationnés en Afghanistan depuis 2009, ces avions pilotés à distance interviennent au profit de la force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). La direction générale de l’armement (DGA) a notifié le 31 décembre 2009 à EADS l’acquisition d’un quatrième drone Harfang et d’une troisième station de contrôle au sol. Ces nouveaux équipements viendront compléter les trois premiers drones et les deux stations de contrôle déjà en service dans l’armée de l’air.

Depuis sa réception, le drone Harfang n’a cessé de se moderniser. Le 4 mars 2010, il a procédé à son premier vol équipé du système de liaison Rover, au-dessus du théâtre afghan. Ce système RVT (Remove Video Terminal ) diffuse, en temps réel, les images vidéo de drones vers les troupes au contact l’ennemi. Grâce à cette adaptation, le drone français pourra répondre à une forte demande d’appui direct aux opérations.

Afghanistan : un an et demi de présence pour le détachement Harfang

Depuis février 2009, l’armée de l’air française déploie sur le théâtre afghan le drone Harfang. Le changement induit par l’arrivée des drones est une opportunité, non seulement dans la manière d’appréhender les conflits et la perception des armées de l’environnement opérationnel, mais également dans la réalisation de nouvelles missions.

Le détachement des trois drones Harfang déployé en Afghanistan est positionné à Bagram, au nord de Kaboul. Le drone Harfang est dédié à la reconnaissance et n’emporte pas d’armes. Il est guidé à distance par des pilotes chevronnés appelés opérateurs de vol. En plus du pilotage de l’appareil, ces derniers manient l’équipement de caméra. Le Harfang capture des images vidéo pendant une douzaine d’heures jusqu’à plus de 1000 km de la station au sol à partir de laquelle il est commandé. Ces images sont transmises en temps réel.

Au quotidien, l’escadron de Cognac remplit en Afghanistan des missions de reconnaissance au profit de la force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), en exploitant au mieux sa capacité à faire de la surveillance multicapteurs. Ses missions sont multiples : surveillance de villages, escorte de convois, recherche d’engins explosifs improvisés, préparation de zones pour les posés d’hélicoptère, appui renseignement des troupes au contact. Ces missions sont effectuées de jour comme de nuit. Trois appareils sont déployés avec leur personnel, soit une quarantaine de militaires. Le 24 septembre 2009, le drone Harfang a passé le cap des 1000 heures de vol en Afghanistan grâce au travail accompli par le personnel de l’escadron « Adour » et au soutien permanent de la DGA.

Derrière les yeux de Harfang…des hommes

Pour voler, Harfang nécessite un équipage qualifié au sol. L’opérateur de vol, le pilote du drone, dispose d’un écran où l’image du drone apparaît. Une caméra panoramique installée sur la dérive droite de Harfang sert essentiellement pour les décollages et les atterrissages, de jour comme de nuit. En vol, elle permet à l’opérateur de vol d’obtenir une vision d’ensemble du drone et de son environnement. A l’aide d’un joystick, l’opérateur de vol entame un dernier virage avant le décollage, qui s’opère de manière automatique grâce à un guidage GPS. Une fois dans le ciel, il surveille, reconnaît et collecte du renseignement pendant de longues heures, au-dessus du théâtre afghan au profit de l’ensemble des troupes de la FIAS.

Ce système de drone est composé de trois segments : une station de préparation de mission, une station de mise en œuvre du drone pendant le vol qui, grâce à liaison satellite, reçoit la vidéo en temps réel et enfin, une station d’interprétation et de diffusion du renseignement placée sous la responsabilité d’un officier renseignement. La réalisation d’une mission nécessite donc, au sol, un équipage composé de trois personnes. Au total, vont se succéder neuf spécialistes dans la station de contrôle, pendant toute la durée du vol, qui peut atteindre une vingtaine d’heures : quatre opérateurs de vol qui pilotent à la fois l’aéronef et les capteurs d’images ; deux officiers renseignement qui ont préparé la mission en amont et qui, durant le vol, la coordonnent en fonction des objectifs demandés ; deux « interprétateurs » d’images qui analysent les données recueillies par Harfang et préparent les dossiers d’objectifs et enfin, en parallèle, un exploitant qui synthétise toute la documentation du théâtre afghan. Quinze techniciens (mécaniciens, électroniciens et spécialistes réseaux) sont également employés au bon fonctionnement du système. Avant chaque vol, les techniciens sur drones doivent établir les liaisons de données satellitaires, réaliser de nombreux tests et des paramétrages, et vérifier scrupuleusement tous les équipements avant de les livrer aux opérateurs de vol.

Le drone vole quasiment tous les jours. Le rythme de travail est soutenu. « Le personnel de l’escadron est motivé et ne compte pas ses heures , aime à rappeler le commandant en second de l’ « Adour ». De nuit comme de jour, il y a en permanence des équipes sur le camp français ».

Une histoire tournée vers le futur

Depuis vingt ans, l’introduction des drones dans les systèmes de défense a provoqué une réelle rupture dans la manière d’appréhender les conflits. Déjà, lors de la guerre du Vietnam, il existait des aéronefs télécommandés, préprogrammés pour réaliser des clichés au-dessus des zones ennemies.

Mais il faut attendre les années quatre-vingt-dix, avec la guerre des Balkans, pour que l’avion piloté à distance intègre réellement le paysage militaire. Dès 1995, le ministre de la Défense a conclu l’achat de quatre drones tactiques nommés Hunter. Ces engins ont permis à l’armée de l’air d’acquérir une première expérience dans un domaine entièrement nouveau pour elle.

En 1996, l’équipe de marque « drones » 29/664 voit le jour. Cette unité particulière est chargée de l’expérimentation du drone tactique Hunter à Mont-de-Marsan. L’unité devient escadron d’expérimentation drones 1/33 « Adour » en 2002 et s’implante à Cognac en 2009.

Retirés du service en septembre 2004, les Hunter ont été utilisés au Kosovo en 1999 ou encore pour assurer la sûreté aérienne du sommet du G8 à Evian en 2003. Limité à une endurance de 10 à 12 heures d’autonomie, le Hunter sera remplacé à la fin de l’année 2007 par le système intérimaire de drones Male (SIDM) offrant 24 heures d’autonomie.

La palette des fonctions du Harfang ne cesse de s’élargir avec sa présence sur le théâtre afghan. Ce système intérimaire devrait laisser place au futur Male à l’horizon 2016.

Dossier coordonné par Caroline Sauton


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