mardi 24 octobre 2017

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"Le budget de la défense est moins impacté que dans le reste de l’Europe"

Romain Rosso, Lexpress.fr

lundi 13 septembre 2010, sélectionné par Spyworld

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La 8e université d’été de la Défense, qui réunit politiques, militaires, industriels français et étrangers du secteur, à l’invitation des commissions de la défense de l’Assemblée nationale et du Sénat, s’ouvre ce lundi à Istres, Salon-de-Provence et Marseille, sur fond de crise et de réduction des dépenses budgétaires. Josselin de Rohan, président UMP de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat répond aux questions de LEXPRESS.FR

Premier budget d’investissement de l’Etat, la Défense n’échappera pas aux restrictions. Comment amortir le choc ?

La Défense ne peut pas échapper aux restrictions budgétaires. C’est d’ailleurs le cas partout en Europe. Si l’on considère la Grande-Bretagne, l’Allemagne ou d’autres pays de l’Union européenne, la France est plutôt moins impactée. Alors qu’il avait été prévu de réaliser 5 milliards d’économies, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a obtenu qu’elles soient de 3,2 milliards. D’autre part, le ministère compte sur des recettes exceptionnelles grâce à la vente de ses fréquences hertziennes. Si les hypothèses se confirment, ces ressources, qui n’ont pas produit de résultat en 2009 ni en 2010, pourraient rapporter près d’un milliard d’euros en 2011. Ce qui réduirait de moitié la facture de la Défense dans le déficit budgétaire.

Quel sera l’impact sur la loi de programmation militaire (LPM) ?

Certes, le tribut à payer apparaît élevé, mais il est supportable au regard des 177 milliards de dépenses prévues dans la LPM jusqu’en 2014. Si ces réductions modifient la trajectoire financière envisagée, elles ne rendent pas obsolète le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. On n’a jamais tant investi dans la Défense qu’en 2009, puisque les crédits prévus dans la LPM ont été inscrits au budget et qu’en outre, le secteur a bénéficié du plan de relance. En 2010, c’est zéro volume. Quant à la hausse de 1,2% des crédits prévue en 2011 et en 2012, elle n’aura pas lieu. Nous espérons que les effectifs, qui ont déjà fait l’objet d’une sévère ponction avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP), ne seront pas touchés. En revanche, il faut s’attendre à un étalement de certains programmes d’investissements et, par voie de conséquence, à une incidence sur les industries de défense.

Quels sont les programmes susceptibles d’être concernés ?

Il est vraisemblable que le rétrofitage des avions de combat Mirages 2000D sera étalé. De même, le programme Scorpion de l’armée de terre devrait être impacté. J’ai personnellement insisté auprès du Premier ministre pour que l’on ne touche pas aux crédits de recherche et de technologie. Cela représente 600 millions d’euros dans la LPM. Si on les rabote, on compromet l’avenir, notamment la cinquième fonction stratégique définie par le Livre blanc, celle de la connaissance et de l’anticipation, qui touche à notre système satellitaire et aux drones. Dans ce dernier domaine, nous avons un retard d’équipement incontestable. Quant au satellite français d’observation Hélios, bientôt en fin de course, sera remplacé par le programme européen Musis. Enfin, il y a la défense antibalistique, pour laquelle nous avons le démonstrateur Spirale, dont il faut absolument préserver les crédits. Il en va de la crédibilité de notre effort.


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