mardi 17 octobre 2017

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Face à la menace, Paris muscle son plan Vigipirate

Christophe Cornevin, le Figaro

dimanche 19 septembre 2010, sélectionné par Spyworld

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Les sites très fréquentés ainsi que les abords des palais de la République vont faire l’objet d’une surveillance accrue.

Face à la soudaine montée en puissance du spectre terroriste en France, le plan Vigipirate a été « musclé » sur l’ensemble du territoire sans pour autant que l’on change son degré d’alerte. Depuis les attentats de Londres et de Madrid en 2005 et 2004, il est maintenu sans discontinuer au niveau « rouge ». Sur le papier, il correspond à un « risque avéré d’un ou plusieurs attentats graves ». Dans les faits, une batterie de mesures permet une surveillance accrue dans les grands magasins, les écoles, les enceintes administratives, religieuses et culturelles. Les entrées sont filtrées et les sacs fouillés plus systématiquement. Dans les trains, gares et aéroports, la fréquence des messages de mise en garde est augmentée tandis que toutes les consignes à bagages vont être inspectées.

« Depuis cinq ans que Vigipirate a viré de l’orange au rouge, nous sommes régulièrement obligés de faire des piqûres de rappel pour éviter les risques inhérents à une routine qui s’installe, concède un haut fonctionnaire. Les alertes de ces derniers jours nous offrent une excellente occasion de sensibiliser au maximum les différents acteurs publics et privés. » La tour Eiffel, cible d’une alerte terroriste mardi dernier, mais aussi des sites comme Montparnasse, la Défense ou encore les gares parisiennes font l’objet d’une surveillance accrue de la police.

Par ailleurs, des patrouilles, suivant des circuits aléatoires, accentuent la protection des palais de la République. « L’Élysée, Matignon, la Place Beauvau ou encore le Palais Bourbon vont faire l’objet de mesures particulières dans le cadre des portes ouvertes pour les Journées du patrimoine qui se tiendront ce week-end », prévient-on au ministère de l’Intérieur où l’on souhaite juste « informer la population, sans l’alarmer ».

Niveau « écarlate »

Selon un expert, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), qui analyse les risques et planifie des « socles de mesures », n’a pas prévu de hisser pour l’heure Vigipirate au stade « écarlate ». Conçu pour faire face à des « attentats majeurs, simultanés ou non, pouvant provoquer des effets dévastateurs », ce niveau ultime n’a encore jamais été appliqué en France. « Mais on n’exclut pas d’y passer un jour, notamment si un renseignement avéré nous parvenait concernant une cible et une heure précise, indique un haut fonctionnaire. Les mesures écarlates ne pourraient durer trop longtemps tant elles sont contraignantes. »

Classifiées, elles prévoient en effet la multiplication des contrôles aux accès des trains grandes lignes, des restrictions de circulation notamment dans les tunnels, l’interruption du trafic aérien civil ou encore l’arrêt de distribution d’eau du robinet et la mise en place d’un réseau de substitution. Conçu en 1978 alors que l’Europe était la proie d’une vague d’attentats, le plan gouvernemental Vigipirate a déjà connu six versions avant d’être refondu au lendemain des frappes ayant visé New York le 11 septembre 2001.


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