samedi 21 octobre 2017

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Les fausses empreintes digitales dénoncées par leur odeur

Serge Courrier, 01net

mardi 17 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

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La biométrie du bout des doigts n’est pas entièrement fiable. Une équipe de chercheurs italiens tente d’y remédier avec un détecteur olfactif.

On ne peut même plus se fier aux empreintes digitales ! Présentez un faux doigt en latex, en caoutchouc ou en gélatine avec en relief l’empreinte du vrai doigt d’une personne autorisée et voilà que s’ouvre à vous la porte du laboratoire ultrasecret dont vous rêviez. Pour éviter cela, une équipe de quatre chercheurs de l’université de Bologne en Italie - emmenée par Davide Maltoni - ne suggère pas d’engager un vigile mais plutôt d’adjoindre au premier système un détecteur d’odeurs, identifiant le faux doigt et refusant donc l’accès à l’impudent bricoleur.

Une imprimante standard, une lampe à UV

La « menace » est bien réelle. Tsutomu Matsumoro, un chercheur de l’université nationale de Yokohama au Japon avait démontré en 2002 que l’on pouvait très facilement créer de fausses empreintes digitales à partir d’empreintes laissées sur des objets. Un microscope numérique trouvé dans le commerce, un ordinateur, une imprimante standard, une lampe à UV et quelques composés chimiques courants suffisaient à reproduire l’empreinte. Et la « contrefaçon » était capable d’abuser un détecteur dans plus de 70 % des cas.

Fort de cette trouvaille, les chercheurs bolognais ont voulu développer un « détecteur d’odeur de doigt ». Plus facile à dire qu’à faire, puisque aucun détecteur d’odeurs commercialisé actuellement n’est spécialisé dans le corps humain. Il s’agit plutôt de remarquer des gaz toxiques dans les usines ou des émanations marquant le début de pourriture de denrées alimentaires. Après en avoir testé plusieurs, les chercheurs italiens ont opté pour un certain Figaro TGS 2600, spécialisé dans les contaminants aériens.

La silicone et le latex hors jeu, mais...

L’expérience a mobilisé douze faux doigts et quinze personnes (qui ont gentiment « prêté » deux de leurs doigts). A partir du capteur, l’odeur de chacun de ces doigts a généré un signal électrique qui a ensuite été analysé par ordinateur. L’algorithme conçu par l’équipe a alors permis de différencier très facilement le vrai doigt d’un banal substitut en silicone ou en latex.

Mais le faux doigt en gélatine a quant à lui passé le test haut la main et a fait croire à sa nature humaine. « Certainement parce que ses composés aromatiques sont très proches de ceux du corps humain », explique Davide Maltoni. Peut-être faudra-t-il alors ajouter d’autres indicateurs actuellement à l’étude, comme la température de la peau, sa résistivité, ses caractéristiques optiques, la pression sanguine, ou encore sa permittivité diélectrique.


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