mercredi 18 octobre 2017

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James Bond en vrai : les secrets des services secrets révélés

AFP

mercredi 22 septembre 2010, sélectionné par Spyworld

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Un espion échoue sur une plage, ôte sa combinaison de plongée, révélant un smoking impeccable, et se rend au casino. Un roman de James Bond ? Non, la vraie vie des agents des services secrets britanniques, telle que révélée dans un livre sur l’histoire du MI6.

Pour la première fois, le MI6, service britannique de renseignements extérieurs, a autorisé la publication d’un livre à partir de ses archives, de sa création en 1909 et jusqu’à 1949. Le résultat est un ouvrage de 800 pages intitulé "MI6", signé de l’historien Keith Jeffrey, véritable plongée dans un monde qui n’a rien à envier à l’agent fictif 007, inventé par Ian Fleming.

"Les vrais James Bond sont en fait plus intéressants que les personnages de fiction", estime Keith Jeffery dans un entretien à l’AFP. "Ce qui frappe vraiment quand on lit ces archives, c’est que ces gens se retrouvaient dans des situations très dangereuses et certains le payaient de leur vie".

Le MI6 a pourtant eu des débuts poussifs. Mansfield Cumming, fondateur des services connu sous la seule lettre "C", décrivait ainsi son premier jour de travail, le 7 octobre 1909 : "Suis allé au bureau et suis resté toute la journée. Mais je n’ai vu personne, et il n’y avait rien à faire non plus".

A court de moyens, les services devaient parfois recourir à des méthodes inédites. "Ai entendu de la part de C que le sperme est la meilleure encre invisible", écrivait en 1915 un responsable relatant des expériences aux résultats étonnants.

Le sperme reste invisible, même sous la vapeur d’iode, se félicitait un chercheur du MI6, qui a plus tard été muté après les railleries de ses collègues sur la source de "l’encre".

Un autre agent a été prié de ne plus stocker "l’encre" dans une bouteille mais plutôt d’utiliser un sperme frais "pour chaque lettre", après des plaintes de ses collègues dénonçant "l’odeur pestilentielle" que dégageaient ses courriers écrits avec un "produit" rance.

L’agent Bill "Biffy" Dunderdale, un proche d’Ian Fleming, avait lui plus de glamour : son succès auprès des femmes et son goût pour les bolides auraient inspiré le personnage de James Bond.

Plus d’un agent s’est retrouvé dans des situations qui allaient nourrir les scènes des romans de OO7. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Pieter Tazelaar a ainsi échoué sur une plage des Pays-Bas, alors occupés par l’armée allemande, "en tenue de soirée complète, sous une combinaison de plongée spécialement conçue pour le garder totalement sec", écrit Keith Jeffery.

Pour faire encore plus vrai, son collègue Erik Hazelhoff avait pris le soin de verser quelques gouttes de cognac Hennessy XO sur son smoking pour accentuer son "image de fêtard".

Un autre agent, Dudley Clarke, avait lui choisi un costume moins conventionnel : il a été arrêté à Madrid en 1941, avec un déguisement complet de femme, "jusqu’au soutien-gorge", a rapporté à l’époque l’ambassade britannique.

Mais James Bond reste un personnage de fiction, rappelle l’historien, qualifiant de "mythe" l’existence d’un prétendu "permis de tuer" comme en possède l’agent 007. Le MI6 n’a été impliqué que dans deux assassinats en dehors de tout cadre légal, précise l’auteur.


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