lundi 18 décembre 2017

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La vente de Mistral à la Russie est « pratiquement acquise »

Pierre Avril, le Figaro

mercredi 22 septembre 2010, sélectionné par Spyworld

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La marine russe a confirmé mardi qu’elle entendait bien s’équiper de quatre navires porte-hélicoptères français.

La France livrera bel et bien des porte-hélicoptères Mistral à la Russie. En dépit des atermoiements perceptibles dans les deux camps, Moscou aurait déjà arrêté sa décision. Le choix du navire français est « pratiquement acquis », a annoncé mardi à l’agence Interfax une source à l’état-major de la marine russe. L’appel d’offres international lancé cet été et qui met officiellement en concurrence les armements français, sud-coréens, espagnol et néerlandais, sera « en principe une formalité », a ajouté cette source. « Il sera formulé de telle manière que la victoire du navire français est pratiquement acquise. » La marine russe a été la première à annoncer sa volonté de se doter d’un Mistral. Mais à Saint-Pétersbourg également, les chantiers navals susceptibles d’assembler et de construire les futurs porte-hélicoptères se sentent pousser des ailes. « L’appel d’offres constituait un moyen de pression sur les Français. En réalité, personne n’avait l’intention de l’organiser sérieusement », confirme l’expert militaire Pavel Falgenhauer. Paris manifeste la même confiance.

Chantiers navals vétustes

C’est à Igor Setchine, le tout-puissant vice-premier ministre, que Moscou avait confié, fin août, ce dossier. À la tête d’OSK, le holding public qui regroupe les principaux chantiers navals russes, ce lobbyiste du complexe militaro-industriel, penchait à l’origine pour une solution russo-russe à laquelle auraient été associés les chantiers navals sud-coréens, eux-mêmes liés à OSK. Igor Setchine avait également pour mission de gérer les convoitises des différentes structures nationales qui, comme toujours en Russie, sont avides de croquer une part du gâteau. Le schéma finalement retenu, qui prévoit la construction de quatre bateaux (deux en France, deux en Russie), écarterait l’offre sud-coréenne, mais butte toujours sur le choix des fournisseurs russes. L’oligarque Sergueï Pougatchev, dont le fils Alexandre est propriétaire du quotidien France-Soir, possède deux chantiers à Saint-Pétersbourg susceptibles de concourir, mais sa compagnie, très endettée, est à la recherche d’argent frais.

Selon des sources proches du ministère de la Défense, l’homme d’affaires serait prêt à vendre ses deux actifs à OSK, qui construirait alors les deux autres Mistral, mais la transaction achoppe sur des questions financières. Pour sa part OSK a déjà deux chantiers, l’un à Saint-Pétersbourg, l’autre à Kaliningrad. « Une fois que le constructeur russe sera identifié, une entreprise mixte associant également les chantiers navals français, pourrait être créée », avance Igor Korotchenko, expert au centre d’analyses du commerce mondial des armes.

La France s’inquiète néanmoins du niveau de vétusté des chantiers russes et de leur état de sous-investissement. Parallèlement, elle continue à négocier âprement les conditions, alors que Moscou cherche à faire baisser les prix. Tant à l’égard de ses partenaires de l’Otan que de la préservation de son propre patrimoine militaire, Paris souhaite limiter l’ampleur du transfert de technologies associé à la vente du bâtiment. Ce dernier abrite des systèmes de liaison et de navigation confidentiels.


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